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 Une nuit au cimetière... [Terminé]

Kalia T'Surek

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Faction : Le Courtier de l'Ombre
Rang : Agent de renseignement
Kalia T'Surek
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MessageSujet: Une nuit au cimetière... [Terminé]   Une nuit au cimetière... [Terminé] Icon_minitimeDim 17 Jan 2016, 20:41

Intervention MJ : NonDate : 4 Février 2198 RP Violent
Kalia T'Surek ♦ Alec Sykes
Une nuit au cimetière...


Une nuit au cimetière... [Terminé] Razek_Banniere

La première rencontre se passa il y a presque trois ans, dans des conditions complètement inattendues mais pas inintéressantes en fin de compte. Je n’eus jamais croisé la route d’un N7 auparavant.

Les évènements se déroulèrent une nuit d’hiver 2198, dans l’un des plus grands et mal famés cimetière stellaire de la galaxie. Korlus avait sa réputation, et si je ne m’y étais jamais aventurée auparavant, cette année là je pus confirmer de mes propres yeux sa renommée... Orion me contacta en tout début de semaine, m’informant que le Courtier souhaitait mettre la main sur des informations qu’avait en sa possession un humain du nom de Tyrn Razek. Je fus briefiée sur le profil de l’individu. Un type prudent, aux méthodes sanguinaires, donnant principalement dans le trafic d’armes. Lui et quelques de ses gros bras étaient apparus très peu de temps avant dans la liste interne des “Most Wanted Persons” de l’Alliance Interstellaire, pour avoir dérobé du matériel militaire et avoir assassiné froidement le personnel le transportant.

J’eus pour mission de confirmer la position de l’individu et de sa bande, ainsi que dérober toute information supplémentaire comme la liste de leurs clients, afin que le Courtier puisse en retour vendre le tout à prix fort au gouvernement Humain.

Foutre indirectement un terme à ce réseau me plut, et après m’être fait transmettre par mon agent de liaison toutes les informations pratiques pour cette nouvelle assignation, je m’envolai pour la Nébuleuse de l’Aigle, direction le Système Imir. J’y parvins sans difficulté, ayant néanmoins à faire le plein dans un dépôt de carburant proche du relais cosmodésique, et après un voyage tout de même assez long où je tuai le temps à éplucher tout ce que je pus trouver sur Korlus et Razek, j’arrivai à destination. Impossible toutefois de pénétrer dans l’atmosphère de la planète sans avoir un code d’approche valide, car le cas échéant, vous vous faites accueillir par les charmantes batteries anti-aériennes locales. Mais bosser pour le Courtier a beaucoup d’avantages, dont celui d’être généralement “en règle” lorsque l’on se rend quelque part…

Korlus fut telle qu’Orion et les informations que je pus trouver dessus, l’avaient décrite. Un gigantesque et désolant cimetière, à l’orange atmosphère moins étouffante que celle de Chalkhos mais suffisamment chaude et polluée pour être irritante. Ce fut impressionnant de la survoler. Je ne sais combien de vaisseaux abattus durant la Grande Guerre ont terminé ici, et si les vestiges de celle-ci ont été en grosse partie effacés sur les autres mondes, ils sont très clairement visibles ici quand bien même Korlus n’eut pas l’air d’avoir été une cible des Moissonneurs... J’en eus un peu l’estomac noué en voyant ça, comme c’est toujours le cas lorsque je repense à cette période encore trop récente à mon goût. Tant de vies prises. Peut être même est-il encore possible de trouver des squelettes d’équipages dans certaines de ces carcasses…

Si je ne pus me poser directement proche de la position supposée de ma cible afin de ne pas me faire repérer ni trahir ma couverture du moment, il me fut au moins possible d'atterrir dans un coin relativement tranquille. Au beau milieu de ces débris de vaisseaux démesurés et s’étendant à perte de vue sur toute la surface de la planète, je me dis que ma discrète navette passerait inaperçue.

Le premier jour, comme les deux suivants, j’attendis la tombée de la nuit pour sortir ma Black Stormia et ainsi m’aventurer dehors en profitant de l’obscurité pour mes approches et ma surveillance. Le repaire de Razek était plutôt bien gardé, mais passé une certaine heure, la vigilance devenait moindre, et les rondes différentes. Toutefois celles-ci étaient bien rodées, et mes observations faites en période de reconnaissance me permirent d’établir les trajets et horaires des gardes, ainsi que les personnalités de certains individus dont le comportement potentiellement peu fiable pourrait compromettre mon infiltration.

Après trois nuit à planquer, je décidai de passer à l’action. Sans imaginer un seul instant, que je ne serai pas la seule à avoir cette idée là le soir venu…

Abandonnant mon véhicule à proximité du repaire pour pouvoir m’exfiltrer rapidement, mais dans un coin suffisamment discret pour qu’il ne puisse pas être découvert, j’utilisai ma reconnaissance des nuits précédentes pour me rapprocher au plus près du camp. La visibilité fut moins bonne cette nuit là. Les conditions climatiques avaient décidé de devenir encore moins accueillantes, et j’eus à affronter du vent venant remuer cette saleté de poussière et de sable qui rendirent l’utilisation de mon camouflage optique merdique en extérieur. Mais si mon champ vision fut moins important que prévu, celui de l’ennemi serait également amoindri. Je me servis donc de cet avantage à double tranchant et de l’obscurité ambiante pour faire discrètement mon chemin jusqu’à l’intérieur de ce qui faisait office de complexe.

Si Razek avait un soi-disant profil d’individu “prudent”, je trouvai que les technologies de sécurité employées laissaient un peu à désirer, car complètement désuètes pour moi. Soit il les avait pensé inutiles dans ce coin perdu et n’avait donc pas mis le prix dedans, soit n’y entendant pas grand chose, il avait dû se faire avoir par un Volus les lui ayant vendu... En tout cas, il n’avait pas dû s’attendre à ce qu’une hackeuse de plus de deux siècles d’expérience vienne foutre son nez dans ses affaires… Après tout, Korlus était réputée pour être un repaire de mercenaires cherchant l’isolement, et vu l’accueil réservé aux intrus pénétrant dans son atmosphère, les visiteurs indésirables devaient être plutôt rares…

Ou finir parmi les carcasses de cette planète… Un cimetière tout trouvé finalement.

J’imagine que Razek avait en définitive pris la grosse tête à se dire que lui et ses hommes avaient été capables de voler l’Alliance Interstellaire sans être jusqu’alors retrouvés, ni cherché dans un tel coin de la galaxie. En trafiquants d’armes, ces primitifs devaient compter bien plus sur leurs gros canons pour assurer leur sécurité, que sur ce que pouvaient offrir les dernières technologies. Je n’eus donc aucune difficulté à pénétrer dans le complexe, piratant les quelques portes qui me firent obstacles, et détournant l’attention des rares systèmes nuisibles qui auraient pu alerter de ma présence.

Après avoir esquivé plusieurs rondes de gardes, et en jouant de mon camouflage optique et des quelques caméras piratées ainsi que de mon drone qui me donnèrent les positions ennemies, j’entrai finalement dans un petit local abritant un terminal auxilliaire. Chercher à accéder aux quartiers de Razek, dans lesquel il devait pioncer, ou à une pièce importante du repaire, n’aurait pas été prudent. J’allais devoir pénétrer un peu plus en profondeur le réseau informatique de l’ennemi, pour remonter aux données présentes dans son ordinateur tout en isolant temporairement le système de sécurité anti-intrusion basique qu’il avait, récupérer ce qui intéresserait le Courtier, et me barrer de là aussi furtivement qu’à l’aller. Rien en somme, qui sortait grandement de mon ordinaire de ces dernières années.

Ni vue, ni connue… C’était ça le plan.

Mais il eut fallu qu’un humain vienne tout foutre en l’air…




Dernière édition par Kalia T'Surek le Mar 03 Mai 2016, 00:43, édité 2 fois
Alec Sykes

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Alec Sykes
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MessageSujet: Re: Une nuit au cimetière... [Terminé]   Une nuit au cimetière... [Terminé] Icon_minitimeLun 18 Jan 2016, 22:40


3 Février 2198, Nébuleuse de l’Aigle, à bord du transporteur Gorgonia

Une semaine… une semaine que l’escouade 21 des Opérations Spéciales se trouvait parquée à bord d’un antique cargo de facture butarienne. Littéralement bon pour la casse, l’engin venait tout juste d’être réquisitionné à son ancien propriétaire, le leader d’un gang d’esclavagistes en route pour L’Etendue Nubienne afin d’y écouler sa marchandise sur les marchés de Pragia. Si la marine de l’Alliance était parvenue à arraisonner l’appareil et libérer les malheureuses victimes de leur tortionnaire sans essuyer aucune perte, la nouvelle d’un tel succès ne fuita étonnement pas sur l’Extranet. Bien au contraire, l’accrochage fut gardé totalement secret en dehors de ses différents protagonistes, si bien que la question resta un total mystère pendant un bon mois.

Ce mode opératoire tout à fait inattendu, qui força également les autorités à garder « en observation » la vingtaine d’ex-esclaves, peut s’expliquer par la manne que représentait le cargo. Grâce à lui et au transpondeur qui l’équipait, l’Alliance disposait désormais du parfait cheval de Troie nécessaire pour passer outre la première ligne de défenses derrière laquelle se dissimulait un homme classé comme « dangereux et nuisible » depuis de trop nombreux mois. Le Gorgonia attirerait bien moins l’attention qu’une énième frégate armée jusqu’aux dents, et permettrait de passer outre le réseau de défenses anti-aériennes automatiques de Korlus sans attirer l’intérêt des groupuscules mercenaires opérant à la surface de ce maudit caillou.

Du moins était-ce ainsi que les stratèges militaires raisonnèrent, ce qui entraina l’embarquement d’un commando sur cet appareil maquillé pour l’occasion. Le recours à un tel mode opératoire violait certes un bon nombre de lois conciliennes, mais cela se révéla être un bien moindre mal que celui contre lequel on envoyait l’élite des forces armées terriennes.

- « Tyrn Razek. 45 ans, originaire d’Eden Prime, ancien marine renvoyé de l’armée pour « conduite déshonorante » suite à de nombreuses plaintes relatives à son comportement envers les représentants d’autres races au fil de ses affectations. » commença à récapituler Alec pour son équipe assemblée dans ce qui servait de mess au vaisseau.

Sur la table où tous se trouvaient attablés, la photo holographique d’un visage dur mais émacié par les soucis et les privations venait illustrer ses propos. Tous l’écoutaient religieusement, parfaitement conscients du sérieux avec lequel il fallait aborder cette mission, quand bien même il ne s’agissait « que » de combattre des mercenaires dans un coin perdu de la galaxie. Le relâchement et une confiance aveugle constituaient deux ennemis qu’il fallait tuer dans l’œuf avec la même hargne que le type qui vous braque. Du moins était-ce la façon de voir les choses de Sykes, qui ne manquait pas de le répéter à ses hommes avec la même insistance que celle d’un individu qui prie pour le salut de son âme.

- « Au lieu de se ranger bien gentiment ou même d’aborder une carrière de mercenaire, cet enfoiré a jugé bon de nuire à l’Alliance tout en se faisant du fric par la même occasion, ce qui doit certainement le faire bander... Son business c’est le trafic d’armes et de matériel à usage militaire, le tout à destination des Terminus. Il se fournit directement à la source en attaquant des convois ou avant-postes peu défendus, massacre tous les témoins avant d’embarquer la marchandise à destination de son repaire au sein de la Travée. Il y a un sacré paquet de crédits à se faire en brisant l’embargo commercial imposé par le Conseil, et ça, il l’a bien compris. Ses produits s’arrachent auprès des gangs et factions comme Eclipse, les Soleils Bleus ou même les Berserkers qui les utilisent pour leurs contrats, ce qui inclut parfois de tuer les nôtres… Jusque-là, il opérait en relative impunité, mais ça, c’est terminé. »

Alors qu’il marquait une pause pour que chacun assimile le profil de la cible, son portrait disparut pour laisser place à la projection complète d’un corps planétaire à la déprimante couleur sable.

- « Korlus, le cimetière de vaisseau de la Travée. Les services de Renseignements ont pu localiser sa base d’opérations sur ce rocher oublié de Dieu, alors qu’il rapatriait une cargaison de M-560 volés. Il y profite de la présence des Soleils Bleus et d’avant-postes Krogan pour se faire oublier de ses poursuivants et créanciers. La position du système Imir au carrefour de l’espace Concilien et des Terminus lui permet aussi de stocker sa marchandise non loin des points de vente avant expédition. C’est en raison de ce cadre peu accueillant envers l’Alliance que nous n’opérons pas à partir du Guam pour cette mission, mais bien de cette épave. Si tout se passe comme prévu, ils ne devraient pas noter de présence suspecte sur leurs écrans… »

Le Lieutenant-Commandant laissa de nouveau s’installer un blanc histoire de voir si quelqu’un se sentait le besoin de faire une remarque sur ce début d’explication. Un regard appuyé porté sur les visages de ceux avec qui il partageait son existence depuis maintenant trois années complètes le conforta néanmoins sur le fait que tous trépignaient d’impatience de stopper les activités d’une telle pourriture. Voilà pourquoi l’officier poursuivit son speech.

- « Les ordres sont la capture et l’extraction de Razek afin de la remettre au commandement pour interrogatoire. Il sera aussi nécessaire de détruire la totalité de son stock et de saisir toutes les données numériques relatives à son petit business. Registre de ventes, carnets d’expéditions, liste de clients, récapitulatif de ses capitaux… tout ce qui peut servir sera sauvegardé sur nos serveurs, puis on fait tout sauter pour ne rien laisser de notre passage. Procédure standard de nettoyage… Des questions ? » dit-il avec une banalité quelque peu déroutante.

- « Règles d’engagement ? »
questionna une voix empreinte d’un accent d’Europe de l’Est.

Cela venait de cette chère Markov, la beauté glaciale de l’équipe, et accessoirement sniper de l’unité. Fidèle à son attitude pragmatique et sa légendaire éloquence, la jeune femme allait directement au but, une qualité que son supérieur appréciait tout particulièrement chez elle.

- « J’y arrivais. Recours à la force létale sur tout ce qui n’est pas la cible. Pas de témoins ou même de prisonniers autre que celui pour lequel nous débarquons, les ordres sont formels. La situation politique de la Travée est ténue, et l’Alliance n’a pas besoin d’un conflit ouvert avec des factions mercenaires en ce moment. D’après les infos, il faut s’attendre à une vingtaine d’éléments hostiles en plus de notre VIP, équipez-vous donc en vue d’un assaut court mais intense. Maintenant, disposez. H-3 avant atterrissage, bon courage… » répondit-il avec le même aplomb que celui de la brune.



4 Février 2198, Nébuleuse de l’Aigle, surface de Korlus

La pression qui monte avant le déploiement, le poids des responsabilités et de sept vies autres que la sienne à préserver en dépit du danger, l’adrénaline qui monte à l’approche d’une situation que l’on sait dangereuse et potentiellement mortelle, telles furent les sensations qui se bousculèrent dans le corps et l’esprit du soldat. Il avait fait cela des dizaines de fois, avait à son actif près de vingt années de service, et pourtant l’effet était toujours le même… Les tremblements des mains, eux, avaient fort heureusement disparu depuis son entrée au programme du CFCI, si bien que le tout était au final supportable, voire bénéfique, car il donnait la certitude de se sentir vivant.

Alec n’avait jamais caché à ses hommes cette facette de lui-même, de même qu’il n’avait jamais réprimé l’anxiété ou le manque de confiance en soi de l’un d’eux à la veille d’une mission. Bien au contraire, il leur répétait sans cesse qu’en dépit d’avoir suivi le meilleur entrainement martial offert par l’Humanité, chacun d’eux restait précisément humain, ce qui impliquait moments de doute et rage de vaincre par intermittence. La confiance en ses compagnons d’armes, voilà ce qui ne devait jamais faire défaut quelle que soit la situation, voilà ce qui représentait le carburant de leur cohésion, voilà ce qui, encore une fois, garantirait leur succès dans cette basse besogne.

C’est convaincu de cela qu’il quitta le Gorgonia à bord de la navette embarquée, prêt à en découdre. Le stratagème de dissimulation ayant fonctionné, l’appareil avait été en mesure de se poser dans une zone oubliée de tout être pensant à plusieurs kilomètres du futur cratère que deviendrait la base de Razek. Quelques minutes de vol supplémentaires suffiraient alors pour se trouver un point adapté pour voir sans être vu et décider de la marche à suivre…

***

Encastré dans son armure lourde, casqué et protégé de la tête aux pieds, le leader de la SO-21 observait à bonne distance le repaire de l’ennemi. Composé de trois bâtiments distincts, le complexe se situait au beau milieu d’un champ de débris sans âge qui faciliterait au final leur approche sous le couvert de l’obscurité. Le terrain restait néanmoins extrêmement hostile, et si aucun champ de mines ou détecteurs de mouvements ne parsemaient la zone, il restait encore à approcher le périmètre d’assez près pour engager le combat à courte portée et ainsi profiter de l’effet de surprise engendré sans se faire repérer. Les projecteurs balayant ce no man’s land allaient également compliquer la phase d’approche, si bien que l’officier décida de mener un assaut sur deux fronts pour limiter les risques de détection d’un unique groupe bien trop dense. Après avoir passé une bonne heure à observer l’objectif à travers sa paire de jumelles télémètriques, le N7 s’affaira donc à un ultime briefing consistant davantage en une volée d’instructions.

- « Markov, vous nous couvrez depuis cette butte et tenez prête la navette. Ziegler et Hamilton avec moi, on se charge de trouver la cible en investissant le complexe par le Nord. Sørensen, Ikeda, Flores et Brewer, vous les prenez à revers par le Sud-Est, neutralisez le relais de comm’, puis tâchez de mettre la main sur la salle des serveurs de ce salopard. Je veux ces données entre nos mains à l’instant où le paquet est conditionné. Le tout devra être bouclé en à peine un quart d’heure pour éviter d’attirer l’attention de la racaille locale… Après quoi on s’extrait de ce merdier avant de déclencher les charges pour nettoyer la zone. Compris ? » lâcha-t-il d’un ton qui n’invitait en réalité à aucune contestation ou question.

Tous acquiescèrent sans mot dire aux propos du leader de l’unité, si bien que le plan fut mis en action dans la seconde suivante…

Conformément aux ordres, le sniper de l’équipe resta sur place pour s’aménager un spot de tir, tandis que le reste du groupe de scindait en deux afin de fondre sur l’objectif. Usant de leur camouflage optique autant que nécessaire et par deux fois d’un couteau de combat pour faire taire des sentinelles trop insistantes dans leur devoir, les envoyés de l’Alliance furent ainsi en mesure d’atteindre le périmètre de défense ennemi sans déclencher l’alerte, qui ne tarderait pourtant pas dans les prochaines minutes.

A couvert avec ses deux compagnons derrière une pile de caisses, Alec reçut bientôt la confirmation de son second quant à la pose des charges explosives, ultime étape de la préparation de l’assaut. Le PC ennemi, qui consistait en une rudimentaire tour relais et un local technique situés sur le flanc Sud-Est de la base, venait d’être « vidé » de son opérateur radio et piégé, ce qui interdirait sous peu toute arrivée de renforts éventuels.

- « Feu vert, que les festivités commencent… » murmura Sykes à travers le communicateur intégré à son casque, engageant dès lors les hostilités.

Faisant écho à cet ordre, une puissante détonation retentit dans le complexe, sonnant le branle-bas de combat chez les mercenaires. Des cris d’incompréhension, certains à demi éveillés, et de rage se firent entendre en tous sens avant que les premiers tirs des terriens ne viennent en faucher certains. L’ennemi était désorganisé, il était temps de l’abattre. C’est dans ce but que la russe au fusil de précision se mit à fournir un redoutable tir de suppression sur l’ennemi, facilitant la progression de ses équipiers.

Prochaine étape, faire sauter le cargo garé au milieu de l’enceinte, histoire de couper toute retraite, avant de s’élancer vers les quartiers du trafiquant. Une façon d’opérer aussi simple qu'efficace si suivie à la lettre, ce à quoi l’officier réfléchissait entre deux foulées de couverts en couverts entrecoupées de brèves rafales pour répondre à la façon locale de recevoir. Ils ne pouvaient désormais échouer… du moins Alec le pensait-il, puisque jusque-là ignorant de la présence sur place de quelqu’un convoitant les mêmes informations qu’eux.

Kalia T'Surek

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MessageSujet: Re: Une nuit au cimetière... [Terminé]   Une nuit au cimetière... [Terminé] Icon_minitimeMar 19 Jan 2016, 22:03

Ndlr à l'attention des lecteurs/admin : Si moi ou Alec faisons interagir le personnage de l'autre dans nos posts, c'est fait d'un commun accord préalable.

Mes yeux, rivés sur le terminal, scrutaient chaque ligne de code de la console que j’y avais ouverte. Je remontai peu à peu dans le réseau de l’ennemi, et il ne me faudrait plus longtemps pour m’introduire dans le poste qui contenait les informations que je recherchais. Parallèlement, j’ouvris une fenêtre pour y faire afficher le retour vidéo des caméras de sécurité de la zone où je me trouvais, afin d’assurer mes arrières.

Si je ne me doutais pas que ça ne le serait plus dans le quart d’heure qui suivrait, tout pour le moment était calme. J’y aperçus quelques gardes faire leur ronde, parfois s’arrêter pour échanger deux mots. Un autre boire ce qui devait sûrement être un alcool bien corsé. Ma présence n’avait pas été détectée. J’allais pouvoir faire tranquillement ce pour quoi le Courtier m’avait envoyée ici même, et repartir sans que l’ennemi ne sache jamais comment et par qui il aurait été compromis.

Voila, j’y étais. Je venais de faire mon chemin jusqu’au coeur du réseau. J’y vis tous les systèmes qui s’y trouvaient connectés. Il n’était pas très nombreux, et j’identifiai rapidement le terminal personnel de Razek au vu des noms même pas encryptés que portaient chacun d’eux. Je lançai dessus mon scan des différents ports, et après avoir trouvé une faille intéressante et les données sur la version du système d’exploitation utilisée, j’adaptai mon code d’entrée à la machine visée, et m’attaquai à elle. Le système et son pare-feu étant vétustes, il me fut aisé de le pénétrer, et d’en prendre le contrôle. Cela fait, je commençai la fouille de ses données, lançant mon algorithme de recherche dessus, et attendant patiemment qu’il fasse son oeuvre.

Razek n’avait visiblement pas que des données relatives à son petit trafic sur son terminal… Je ne fus néanmoins guère étonnée d’y trouver toute sorte d’images et vidéos à caractère sexuel, ainsi qu’échanges ne laissant place à aucune ambiguïté avec des “admiratrices” qu’il semblait entretenir à distance en leur faisant miroiter monts et merveilles. Comme beaucoup, l’humain avait un certain faible pour les Asari. Derrière la visière noire de mon casque, un sourire narquois se dessina aux coins de mes lèvres à la pensée qu’il était entrain de se faire entuber par l’une d’elle… En définitive, je trouvai en la mission qui m’était confiée bien plus de satisfaction qu’initialement. Participer à faire tomber un trafiquant d’armes sanguinaire à la perversité envers ma race plus que manifeste, m’était divertissant.

Après avoir constaté qu’il y avait plus de ces fichiers là, que des données pouvant être vendues par le Courtier à l’Alliance Interstellaire, j’enregistrai dans mon OmniTech les différents registres liés à l’activité de Razek et de ses gros bras. Dans le lot, j’y vis passer ce qui semblait même être les noms et coordonnées d’indics de Razek au sein de l’armée humaine. L’Alliance allait d’autant plus payer le prix fort pour se faire fournir les identités des taupes qui communiquaient à l’ennemi des informations sur les cargaisons de matériel militaire… Voilà qui allait particulièrement satisfaire le Courtier, et me faire bénéficier d’une meilleure commission.

Ma tâche terminée, je commençai à effacer mes traces du réseau et plier bagages, lorsqu’un évènement inattendu se produisit…

Boum. Une secousse importante fit brutalement trembler les murs. Ne comprenant pas sur le coup ce qu’il se passait, mon adrénaline monta en flèche, et ne redescendrait pas vraiment dans les minutes qui suivraient… Aussitôt le choc de la détonation passé, mon regard se riva sur la fenêtre de l’écran affichant le retour vidéo des caméras. J’y vis de l’agitation dans les couloirs proches, et en basculant sur les moniteurs extérieurs, c’est un déluge de feu que je pus y observer.

- « Par la Déesse… ! » laissai-je passer à travers mon casque qui déformait volontairement ma voix pour la rendre non identifiable.

Faut dire que j’étais devenue un peu parano avec autant d’années de métier…

Ma première pensée fut de me dire qu’il s’agissait là d’une attaque d’une faction ennemie. Il n’aurait en effet pas été étonnant que des Soleils Bleus provenant du coin débarquent dans l’idée de s’emparer du beau butin d’armes possédé par Razek. Sauf qu’en gardant un oeil sur les moniteurs, je constatai en définitive que l’attaquant ne ressemblait à rien de ce que l’on pouvait trouver dans ce coin là de la galaxie. Les armures étaient différentes, et la manière d’opérer vraiment chirurgicale. Je m’en aperçus d’autant plus lorsque le cargo présent dans l’enceinte du camp fut réduit à l’état de débris, et que je perdis tout accès aux caméras parce qu’on avait dû également s’occuper de la tour faisant office de poste de contrôle.

Des commandos. Ce devait être des commandos, et de ce que j’avais pu voir, ils liquidaient tout le monde…

Je ne pouvais traîner plus longtemps. Il allait falloir que je profite du chaos ambiant pour m’extirper de ce merdier et filer en douce avec mes données. Seulement je doutais y parvenir aussi facilement, et ne sachant pas l’objectif final ces individus, je préférai minimiser les risques, et me créer ce que j’espérais être une “assurance vie”. Pour cela, et sous une certaine pression je l’admets, je me reconnectai au réseau de Razek que j’avais laissé tel quel jusqu’alors, et par propagation d’un virus personnel, j’effaçai absolument toutes les informations contenues à l’intérieur de son ordinateur, et des autres terminaux, de sorte à les rendre complètement vierges pour faire que toutes les données ayant de la valeur soient détenues par moi et moi seule.

Priant pour ne pas être découverte en plein travail, je m’efforçai de faire au plus vite, et l’adrénaline aidant, ce fut plié en quelques petites minutes. Cela fait, et tandis que des bruits et cris inquiétants commençaient à se faire entendre non loin du local dans lequel j’étais planquée et dont j’avais bloqué la porte, j’encryptai les informations dans mon OmniTech au moyen d’un petit programme d’algorithmes basés sur plusieurs substitutions, permutations et transformations linéaires sécurisés avec une clé de chiffrement connue de ma seule mémoire. En somme, si on m’éliminait, on ne pourrait jamais retrouver ce que j’avais dérobé à Razek.

Et je comptais bien là dessus pour rester en vie si jamais les types ayant lancé un assaut sur le complexe cherchaient précisément ces données… Bon, il est vrai que l’idée secondaire était également de ne pas leur en faire profiter, car même si Razek était appréhendé ou troué, il restait dans les informations récoltées des choses que le Courtier pourrait toujours vendre à prix fort à l’Alliance Interstellaire. En ça, je sauvai quelque part ma mission de l’échec total… Et aussi la prime que j’en retirerai à la sortie.

Fin prête pour me tirer de ce foutoir, et de cette planète cimetière où j’espérais ne pas être enterrée, je remballai mon OmniTech et sortis mon Carnifex en regrettant pour le coup, de ne pas avoir de gros canon… J’aurai donc à assurer mes fesses bleues avec ma furtivité, ma biotique relative et mon pistolet qui passerait sûrement pour particulièrement ridicule vu ce qu’il y aurait en face, mais tout allait aussi bien qu’un Quarien sans son masque ! Ce n’était pas comme s’il était question de supprimer tout témoin gênant… Non vraiment, je ne voyais pas du tout la moindre raison de baliser...

Allez, calme toi ma fille. Tu en as vu d’autres, et tu as ton “assurance vie”... Ou tout du moins, si on te laisse le temps de l’annoncer...

Essayant de focaliser mon esprit sur un moyen de sortir vivante d’ici plutôt que sur le danger mortel que représentaient les commandos de dehors, et celui sûrement bien gore qui m’attendait si Razek remportait la partie, j’abandonnai le local où j’avais fait mes petites affaires, et m’aventurai à travers les couloirs, camouflage optique activé. Si je parvins à échapper à la vigilance de quelques mercenaires eux même en panique et courant droit vers l’ennemi de dehors, ma propre vigilance m’échappa un instant. Cherchant une sortie dérobée vers l’arrière et les ailes du complexe pour ne pas débarquer en plein champ de bataille où le risque de me faire trouer aurait été d’autant plus grand, je réussis à me paumer dans ce foutu labyrinthe, tout se ressemblant plus ou moins et la luminosité du bordel se voyant altérée par quelques coupures d’éléctricité.

Putain de merde… « Une mission de routine », Orion ? Il n’était pas question de commandos au briefing ! Il allait vraiment falloir que je lui reparle du montant de ma prime de risques…

M’éloignant en fin de compte de la zone de feu, je ne pensais pas rencontrer qui que ce soit dans cette partie du complexe qui m’avait semblée sur le moment avoir été désertée. Mais ce n’était définitivement pas mon soir… Tandis que je me trouvai devant une porte me faisant obstacle et que mon camouflage optique rechargeait ses batteries, une grosse voix toute à fait charmante retentit derrière moi :

- « J’adore les petits culs comme le tien. Dommage que nous n’allons pas avoir le temps de faire connaissance… »

Sentant la fin arriver, je me retournai aussitôt pour voir la Mort en face et tenter d’y échapper. Dans un réflexe biotique, je lâchai instantanément une Projection sur le mercenaire sans armure à défaut de pouvoir immédiatement lui tirer dessus puisque j’avais fait l’erreur de remballer mon Carnifex pour pouvoir pirater la porte à deux mains. Profitant que mon attaque surprise l’eut fait reculer, je dégainai parallèlement mon arme de poing dans l’idée de lui coller une cartouche dans la tête, mais j’eus alors la stupéfaction de découvrir une OmniLame sortie de nulle part, se retrouver plantée dans le cou de l’individu.

Je vis celui qui aurait voulu faire connaissance avec mon corps me regarder avec deux grands yeux écarquillés. Les lèvres entrouvertes, une gerbe de sang en sortit, et je pus entendre l’humain essayer de baragouiner quelque chose. Puis, la lame se retira, et le type tomba à genoux sur le sol, lâchant son arme et plaçant ses mains sur sa carotide complètement déchiquetée. Du sang avait puissamment giclé un peu partout, mais les quelques mètres me séparant de la victime m’avaient permis de ne pas en recevoir sur mon armure. J’observai assez médusée l’homme de Razek vivre ses dernières secondes et se noyer dans son propre sang. Lisant sur ses lèvres parce qu’il ne parvenait plus à articuler quoique ce soit, je compris qu’il me demandait de l’aider.

Mais je le laissai à l’agonie.

Relevant mon regard, mon attention fut bien plus attirée par le propriétaire de l’OmniLame que l’individu entrain de crever devant moi. Une carrure assez imposante, ou peut-être était-ce son armure lourde qui me donna cette impression. Sombre, parsemée de quelques reflets grenat - à moins que ce n’eut été le sang de l’autre - , elle avait une certaine allure, et résisterait sans aucun doute au chargeur entier de mon Carnifex, et à toute la biotique que je pouvais produire. Voila qui allait devenir intéressant.

Ou plutôt très problématique…

Détaillant celui qui était nul doute un des commandos de l’escouade ayant attaqué le complexe, mes yeux s’arrêtèrent finalement sur le “N7” dont était marqué le torse de l’armure. Joli logo, me fis-je de cette petite voix intérieure sarcastique qui apparaissait lorsque je ne maîtrisais plus grand chose...

Tout devenait plus clair. C’était donc l’Alliance Interstellaire. Plus précisément, l’élite de leur Armée… Et le type devant moi devait être celui aux commandes de cet assaut de gros bourrins… À repenser au travail de patience et d’observation que j’avais fourni ces derniers jours, puis à l’infiltration parfaite dont j’avais fait preuve pour dérober les informations contenues dans mon OmniTech, je fus encore plus frustrée de constater que l’Alliance Interstellaire se trouvait déjà au courant de la position de Razek… Peut-être sous la pression et le fait de me dire qu’il aurait fallu que j’agisse la veille, mes nerfs lâchaient-ils, mais le comportement que j’adoptai les secondes suivantes ne fut pas vraiment celui qu'il aurait été judicieux que j’ai au vu de la situation et du canon qui me braquait en retour…


- «  Crétin d’humain ! Vous avez fait foirer toute mon opération ! » 

Alec Sykes

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MessageSujet: Re: Une nuit au cimetière... [Terminé]   Une nuit au cimetière... [Terminé] Icon_minitimeMer 20 Jan 2016, 22:36


En dépit de l’effet de surprise certain dont avait tiré profit les terriens, il fallait reconnaître que l’ennemi agissait avec un certain répondant dans la riposte qu’il fournissait à ses mystérieux agresseurs. Une fois la confusion passée suite à l’explosion du relais de communication et celle du cargo, qui suivit peu après, les mercenaires semblèrent gagner en cohésion. Leurs déplacements se firent ainsi plus cohérents et stratégiques, si bien qu’un semblant de périmètre défensif se dessina pour assurer le contrôle des différents accès aux bâtiments. Çà et là, des barricades renforcées de quelques porte-flingues et tourelles s’élevaient pour interdire toute progression, ce qui ralentit momentanément l’avancée des commandos de l’Alliance sur les deux fronts.

Fort heureusement, l’unité des forces spéciales pouvait compter sur son principal atout face à bon nombres d’opposants différents: sa polyvalence. Composé de profils aussi divers qu’utiles, le groupe se trouvait être en mesure de gérer la plupart des situations grâce aux domaines de spécialisation de ses différents membres. Pour le coup, se furent les aptitudes biotiques de la blonde de l’équipe, Ziegler, qui sauva les miches de son supérieur et permit d’éviter d’autres complications. Usant de son savoir-faire en matière de destruction, la jeune femme fit pleuvoir depuis son couvert, et au prix d'intenses efforts, une pluie de feu biotique sur le barrage qui interdisait l’accès à la zone d’habitation.

Pris par surprise et incapables d’offrir une défense efficace contre une telle attaque, trois des quatre opposants leur faisant face furent instantanément consumés par ce déluge. Le dernier, sonné par les explosions qui en résultèrent, ne fit quant à lui pas long feu lorsqu’Hamilton lui asséna au passage une décharge à bout portant de son fusil à pompe en plein dans le torse. Oui, il faut dire que Sykes et ses hommes ne faisaient guère dans la dentelle en cette occasion, le contexte ne se prêtant à aucune concession.

Pas de témoins, pas de questions. Pas de questions, pas de problèmes.

C’était ainsi que les stratèges du commandement voyaient les choses sur ce coup, et la SO-21 n’était pas en droit de juger les instructions, du moins pour cette fois. Après tout, qui allait donc se plaindre de la disparition de racaille de cet acabit ? La galaxie ne se porterait que mieux sans individus de ce genre, même si il était illusoire de penser que cela mettrait fin aux souffrances du plus grand nombre. Non, cela aurait au moins le mérite de ralentir les choses quelques temps à défaut d’endiguer l’infection… Il est parfois nécessaire de recourir à un moindre mal comme s’amputer d’une partie de son humanité pour permettre à d’autres d’en jouir en intégralité. Cela, Alec ne l’avait réellement assimilé qu’après la Guerre, mais c’était depuis devenu pour lui comme un second crédo.

Si se livrer à des actes ingrats et parfois barbares permettait d’instaurer sécurité et ordre, et bien soit, cela serait fait…

C’est mû par cette logique pragmatique que l’officier menait ses hommes à la bataille, et cette nuit-là ne dérogeait pas à la règle. Aussi ne s’émut-il guère outre mesure lorsqu’il planta son Omnilame dans le cou d’un mercenaire tiré du lit par le son des combats et excité par l’éventualité d’assouvir ses bas instincts avec une inconnue en armure. Les quelques minutes précédentes l’avaient vu être séparé de ses deux équipiers, auxquels il avait confié la cruciale tâche de fouiller les quartiers de la cible pour s’assurer de sa présence. Lui se dirigea vers une zone secondaire, visiblement destinée au stockage de la marchandise volée, et accessoirement employée comme armurerie par les hommes de main de Razek.

Là, en rôdant parmi de très nombreuses piles de caisses bâchées et prêtes à l’expédition, le terrien tomba sur la raison de leur présence à tous en ces lieux : plusieurs dizaines d’exemplaires de lance-grenades et lance-missiles flambants neufs, sans oublier quelques fusil de précision et d’assaut acquis par le biais de la contrebande. A dire vrai, les quantités présentes étaient tellement importantes qu’une question germa très vite dans l’esprit d’Alec. Le trafiquant devait disposer de complicités au sein de l’Alliance, car bon nombre de palettes présentes ici ne figuraient pas sur les registres des appareils pillés par le maître des lieux. Informateurs, complices, traitres… tout cela prenait une drôle de tournure d’intrigue, ce qui ne facilitait pas les choses pour le commando. Cependant, il serait temps d’éclaircir tout cela plus tard, une fois ce caillou quitté et le « colis » remis aux autorités. Néanmoins, encore fallait-il procéder à l’extraction du concerné et à la vaporisation des locaux, ce que Sykes s’employait à faire en piégeant le stock lorsqu’un rapport radio lui fut fait.

- « VIP localisé et conditionné. Serveurs nettoyés et vierges de toutes infos… Opérateur extérieur passé par là. En attente. » maugréa la voix de son second, Sørensen, à travers son communicateur.

Aïe… nouvelle contrariété. Les données numériques pour lesquelles ils s’étaient déplacés ne se trouvaient plus là. Razek avait-il eu le temps de tout détruire, dissimulait-il une copie quelque part, disposait-il d’un spécialiste en cryptage/informatique qui avait fait le boulot à sa place ? Autant de questions qui se bousculèrent dans l’esprit du Lieutenant-Commandant, qui ne put néanmoins se laisser aller au doute compte tenu de la situation.

- « Reçu. Les stocks sont piégés. Placez le reste des charges, sécurisez la ZA et procédez à l’extraction. Je poursuis dans la zone auxiliaire pour en savoir plus… » offrit-il donc dans l’instant en guise de réponse.

Alec comptait sur la présence de documents papier dans cet entrepôt, ou même d’un complice dissimulé non loin pour avoir des réponses. Même si cet espoir semblait bien maigre, le soldat se refusait tout simplement à quitter les lieux en laissant un semblant de piste inexplorée. C’est pour cette raison que ses pas le menèrent dans la section suivante, où il tomba sur cet étrange couple qui s’adonnait à une activité pas vraiment de rigueur si on se réfère à l’ambiance générale…

Dissimulé derrière une cloison adjacente, arme de poing à la main, l’humain fut quelque peu surpris en prenant connaissance du contexte de cet évènement si singulier. Il n’était guère difficile de comprendre que la créature à la silhouette féminine ne faisant pas vraiment partie de la garnison et que, par conséquent, elle représentait peut-être son unique chance de savoir où pouvait bien avoir fuité ces foutus renseignements. Ainsi le N7 n’agit-il pas par bonté d’âme dans la seconde qui suivit, mais bien dans le but d’effectuer un acte totalement intéressé.

Sans attendre de voir sa proie filer ou se faire abattre, il fondit sur l’autre prédateur de toute sa puissance, profitant de l’avantage inespéré fourni par une démonstration biotique de l’inconnue. Puis, comme il l’avait déjà fait à des dizaines de reprises au court de missions diverses, le terrien abattit son Omnilame sur le malheureux, victime d’un coup aussi simple par son exécution que redoutable pour la cible. L’autre main sur la bouche du condamné pour l’empêcher d’appeler à l’aide, il le lâcha lourdement sans guère de cérémonie, avant de s’intéresser à la raison de cet énième meurtre. Pas un regard en direction de l’individu agonisant, pas même un quelconque intérêt pour les gerbes de sang qui souillaient désormais son armure, non. Alec avait besoin de quelque chose et devait filer au plus vite pour assurer la réussite de sa mission et la survie de ses hommes... Alors s’émouvoir sur une telle question ? Tu parles…

- « Asari, hein ? Je doute que Thessia enverrait quelqu’un en solo dans ce coin paumé, sans parler du peu d’intérêt que représente cette affaire pour elles. Alors quoi, indépendante ? » fit-il en guise de réponse aux protestations de l’étrangère, lui pointant son M-5 Phalanx au niveau du visage tandis qu’il inclinait innocemment la tête de côté pour l’examiner de haut en bas.

Malgré la voix trafiquée qui s’adressa à lui, le Lieutenant-Commandant arriva à cette conclusion en tenant compte de quelques indices. La démonstration de biotique, couplée au « crétin d’humain » et la coupe féminine de l’armure ne laissaient guère de doute. Une constatation qui risquait de compliquer les choses, car si les motivations de Madame restaient incertaines, la menace représentée par ses pouvoirs était, elle, bien concrète.

Certes, on avait entrainé Sykes à faire face à des opposants biotiques durant sa formation au sein du CFCI, seulement, une représentante de la race possédant le plus puissant potentiel en la matière dans la galaxie n’était pas à sous-estimer. Voilà pourquoi le N7 jugea bon d’user de « diplomatie » en premier lieu, choisissant de se rabattre sur le choix des armes en derniers recours. Qui sait ? Le fait d’appartenir à l’espèce ayant la plus grande vision à long terme influerait peut-être sur le choix de l’espionne…

- « Dans tous les cas, vous m’en voyez navré de couper court à vos préliminaires, ou « opération » comme vous les nommez, mais j’ai fait un long, très chemin pour obtenir certains renseignements… » lâcha-t-il cette fois sur le ton du sarcasme, un trait de caractère qui ressortait parfois – en bien comme en mal – en cas situation critique.

Un bref silence s’installa entre eux, rythmé par quelques tirs sporadiques et lointains, avant qu’il ne poursuive son discours de cet air las et faussement navré.

- « Des renseignements qui sont probablement en votre possession si j’en crois mes hommes. Je vais donc vous inviter une unique fois à gentiment me les remettre et me suivre, sans quoi je devrais me montrer un peu plus convaincant que votre amant étalé au sol… A moins que l’éventualité de se voir sous peu projetée en orbite sous l’effet d’une puissante détonation ne vous enchante ? Là, vous n'aurez plus besoin de personne pour vous envoyer en l'air... »

L’intervention d’une tierce personne… la dernière chose dont Alec avait besoin au milieu d’un tel merdier.


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MessageSujet: Re: Une nuit au cimetière... [Terminé]   Une nuit au cimetière... [Terminé] Icon_minitimeSam 23 Jan 2016, 18:40

Je sentis mon coeur accélérer ses battements. Ce n’était pas la peur, ou du moins pas entièrement. Non, il y avait là aussi, autant de frustration que d’énervement. Et peut être également un peu de gêne lorsque je fus détaillée longuement et de haut en bas par celui qui venait de m’asséner une dernière phrase que mes oreilles n’apprécièrent pas. Comme cela pouvait parfois m’arriver après un profond agacement ou un certain degré de tension, je sentis ma biotique se manifester en un léger halo bleuté dansant autour de moi.

Les premières fois où cela m’était arrivé, Mère m’avait expliqué que c’était un réflexe défensif chez certaines Asari. Je trouvai que dans la situation présente, il m’était tout aussi utile qu’il me desservait. D’une part, il confirmait plus ou moins à l’ennemi mon appartenance à ma race et ainsi donc, pouvait le faire supposer d’une puissance biotique que je n’avais pas forcément mais qui aurait très bien pu lui être mortelle. En ça, je devais représenter pour l’humain un danger certain à ne pas prendre à la légère. Mais d’un autre côté, cela lui donnait également une indication sur la manière dont son comportement pouvait m’atteindre et la tension qui régnait ainsi en moi.

J’avais horreur d’être trahie par ma biotique et de ne pas pouvoir la contrôler comme je l’aurais souhaité… Autant dire que si cela m’avait été possible, j’aurais stasé ce crétin d’humain aussitôt qu’il aurait eu prononcé cette phrase m’ayant particulièrement dérangée. Hélas, mon pouvoir ne me le permettait pas, et il aurait été trop ridicule et dangereux de m’y essayer. Je restai donc les premières secondes qui suivirent, immobile et silencieuse devant lui. Avec cet halo bleuté épousant mon corps.

Vu la manière dont il m’avait examinée, je ne doutais pas qu’il trouverait cela aussi attirant que potentiellement dangereux. Mais l’idée qu’il puisse apprécier la valse de ma biotique avec mes formes m’énerva encore plus…

Néanmoins, j’eus tôt fait de trouver un moyen sur lequel passer mes nerfs… S’il y eut quelques secondes de silence tout de suite après que le N7 eut prit la parole, le calme ambiant fut rapidement troublé par les râles étouffés du mercenaire agonisant entre lui et moi. Ses plaintes m’empêchèrent de me concentrer sur la meilleure attitude à adopter face au danger représenté par celui voulant m’envoyer en orbite et souhaitant me dérober les informations que j’avais péniblement acquises. Ainsi, je trouvai rapidement le moyen de mettre fin à ce bruit dérangeant...

Le bras qui brandissait mon Carnifex descendit tout aussi soudainement qu’il remonta pour tenir à nouveau en joue le militaire. Entre temps, un tir silencieux avait atteint la pauvre cervelle peu remplie de l’homme de Razek. Celui-ci s’écroula alors et pour de bon à terre, une marre de sang commençant ensuite à se répandre autour de son corps, pour venir réchauffer un temps le sol froid de ce couloir peu chaleureux.

Je pris une profonde et discrète inspiration, et mon halo biotique se dissipa, marquant dès lors la reprise de mon contrôle et de mon ressentiment. Devant un tel ennemi, il m’était clair que je n’allais pas pouvoir me sortir de cette impasse par la violence, d’autant que même si j’avais été capable de me débarrasser de l’humain, il y en avait d’autres dehors... J’allais devoir ruser et lui faire continuer à croire que j’étais un danger supérieur à celui que lui représentait pour moi. Peut-être, me dis-je, pourrais-je aussi l’avoir en me la jouant comme lui…

De toute façon, je ne vis pas d’autre solution.

Le mercenaire abattu et mon arme braquant à nouveau l’humain de l’Alliance, je me mis délibérément à le regarder comme lui l’avait fait tout juste avant avec moi. Penchant légèrement ma tête sur le côté, je baissai les yeux pour le remonter longuement jusqu’à son casque, dont la visière ne me permettait pas de voir son regard, ni même le reste de son visage. Mais comme lui devait le faire avec moi, je me mis à le fixer sans ciller. Les yeux dans les yeux, derrière nos visières opaques.

- « Un humain ayant un minimum d’intelligence... C’est plutôt rare pour une espèce aussi primitive que la vôtre. J’imagine toutefois que vous ne dérogez pas vraiment à la règle de votre race et que votre sens de l’observation est surtout aiguisé lorsqu’il y a présence devant vous de formes agréables à l’œil...»

Un sourire sarcastique naquit à mes lèvres bleues. Mais s’il ne le verrait pas, il l’entendrait sûrement au son de ma voix, quand bien même celle-ci était déformée.

Lentement et prudemment, je commençai à reculer, faisant deux pas en arrière tandis que nous continuions à nous menacer l’un l’autre. Derrière, se trouvait la porte que j’avais cherché à pirater avant de me faire interrompre. Je la considérais toujours en une issue potentielle, et j’avais dans l’idée de m’échapper par là le moment venu. Il n’était pas question que je cède ce que j’avais récolté. J’avais une mission, et je comptais bien la remplir, quand bien même j’avais déjà partiellement échoué à cause de ce bourrin d’humain.

Me surprenant moi même, je décidai de ranger mon arme. De toute façon, devant l’armure lourde qui me faisait face, elle n’aurait pas été d’une grande utilité. J’espérai sûrement que cette action me rende à la fois moins hostile pour le N7, tout en me faisant devenir à ses yeux encore plus dangereuse, car baisser cette garde pouvait être un signe que ma puissance biotique était telle qu’elle aurait pu me permettre de me débarrasser de lui à n’importe quel moment.

- « Désolée bellâtre, mais je ne crois pas que vous soyez en mesure de me faire atteindre le septième ciel...» rajoutai-je malicieusement par rapport à ses deux dernières phrases.

Satisfaite de cette provocation probablement guère judicieuse, le sourire que j’avais aux coins de mes lèvres s’élargit. J’espérais qu’il soit étonné d’autant d’audace, et de ma connaissance des expressions humaines. Peut-être ma répartie allait-elle le troubler un instant. Je ne doutais pas en tout cas qu’elle le pique suffisamment pour qu’il se mette à rentrer dans mon jeu, parce que c’était bien là le but recherché. Ne pouvant l’affronter par les armes ou ma biotique, j’essayais de l'amener sur un tout autre terrain… Un terrain assez bancal pour moi même parce que n’étant pas toujours intérieurement à l’aise avec, mais un terrain qui avait déjà fait ses preuves avec d’autres humains. Celui-ci serait-il réceptif ? Je ne tarderai sûrement pas à le découvrir...

Tout en lâchant très innocemment ce commentaire, j’allumai mon OmniTech sans manquer de conserver un oeil attentif sur l’individu qui me tenait toujours en joue. Il me verrait pianoter de ma main droite quelque chose dessus, et puis la porte de derrière s’ouvrirait.

Je reprendrai alors la parole avec une voix sonnant toujours aussi sûre de moi. Mais en mon for intérieur, la confiance que je portais en mes actions n’eut pas grand chose à voir avec celle que je dégageais...

- « Je n’ai pas pour habitude de céder les informations que je dérobe à qui que ce soit d’autre que mon employeur, et ce n’est pas vos vulgaires menaces qui y changeront quelque chose. J’ai plusieurs siècles d’existence, autant vous dire que je me suis retrouvée dans ce genre de situation bien plus souvent que vous… Et s’il pourrait ne pas me déplaire de faire plus amplement connaissance bien que je doute que vous soyez en mesure de me satisfaire, j’ai moi même fait un très long chemin pour obtenir ces renseignements, alors inutile de vous préciser qu’ils ne vous seront jamais transmis. Je préférerai les effacer plutôt que vous les remettre. Et si jamais vous parveniez à me descendre, autant que je le précise, je les ai cryptés d’une telle manière qu’ils ne seront jamais accessibles à l’Alliance à temps. Alors c’est très simple. Soit vous tentez quelque chose à vos risques et périls, et au risque de perdre ces données… Soit vous êtes un humain effectivement intelligent, et vous comprenez où se trouve l'intérêt de votre gouvernement puisqu’il est question que ces informations lui soient vendues à la sortie... »

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MessageSujet: Re: Une nuit au cimetière... [Terminé]   Une nuit au cimetière... [Terminé] Icon_minitimeDim 24 Jan 2016, 22:20

Une main continuant de la braquer résolument et, sous l’effet de la curiosité, une tête qui s’incline de l’autre côté, voilà la gestuelle qu’adopta l’opposant de l’Asari en réponse à son petit manège. Resté étonnement calme, l’humain ne tressaillit pas un seul instant durant le long monologue de la pirate, pas même lorsqu’elle abrégea de façon brutale l’existence de l’être agonisant à leurs pieds. Comme ayant oublié le malheureux depuis le début de ce petit face-à-face, Alec n’accorda pas plus regard au cadavre qu’il était devenu. Une chose et une seule importait, les informations et celle les détenait.

Aussi l’attention du N7 fut-elle entièrement portée sur son interlocutrice, dont les propos et le comportement furent scrupuleusement analysés. Muet, en apparence impassible, il ne put néanmoins dissimuler une certaine curiosité à propos de la belle, si bien que le geste involontaire de sa tête donna certainement un début de réponse à la concernée. L’officier avait face à lui quelqu’un de peu commun, qui correspondait bien mal au profil habituel du mercenaire ou chasseur de primes comme on en trouve tant dans la galaxie. Il lui faudrait donc agir en conséquence pour ne pas perdre la main, quant bien même la stratégie de défense qu’on lui présentait reposait, il fallait bien l’avouer, sur une certaine note de génie. La subtilité serait le maître mot, bannissant momentanément le choix des armes.

Madame savait assurer ses arrières en se rendant indispensable, certes. Il convenait donc de « casser » cette impression en répondant à son petit jeu, sans pour autant entrer totalement dedans et s’y voir, à terme, piégé…

Sykes laissa donc planer un profond silence alors que les combats faisaient toujours rage là dehors, tout occupé qu’il était à contempler la raison qui pouvait faire échouer l’accomplissement de sa mission. Songeur, le soldat n’en restait pas moins conscient des réalités, parmi lesquelles le timing représentait peut-être sa plus grosse contrainte. Les hommes de Razek pouvaient débarquer et les surprendre dans cette situation plus qu’originale d’une seconde à l’autre, et pourtant, le Lieutenant-Commandant jugea malgré tout opportun de répondre à l’espionne. Et pas seulement par quelques mots, loin de là… Non, en dépit de tout bon sens, il s’engagea dans un discours tout aussi – si ce n’est plus – long que le précédent.

- « Il est vrai qu’un jugement émis de la part d’une représentante de la race qui s’est édifiée sur un savoir Prothéen jalousement gardé secret, c’est toujours intéressant à entendre… C’est fort dommage voyez-vous, car en dépit de tout ceci, j’ai un profond respect pour votre espèce, et pas seulement pour son aspect esthétique. Mais passons outre la question ethnique... » dit-il d’un ton d’abord sarcastique, puis soudain étonnement posé.

Le tout donna à ses mots une réelle impression d’honnêteté, ce que le trentenaire comptait peut-être réellement exprimer malgré leurs intérêts divergents dans le cas présent. Il ne s’arrêta cependant pas là, se surprenant lui-même à flatter son opposante…

- « Sexy, prudente et avec de la répartie, hein ? Un cocktail aussi dangereux qu’attrayant… Il est regrettable que nous soyons dans deux camps différents. J’aurais volontiers pris le temps de faire connaissance. D’ailleurs, vous savez quoi ? Je vais partir du postulat que si vous aviez pu faire quelque chose pour me neutraliser et quitter les lieux, ce serait déjà fait depuis longtemps. Alors réglons ça d’une autre manière… »

Ses propos furent illustrés par des gestes concrets, si bien qu’il baissa à son tour son arme pour la ranger dans son hostler. L’humain avait bien face à lui une biotique capable de certains exploits, seulement il fit le pari fou et insensé que cela consistait davantage en des prouesses technologiques et diplomatiques que martiales. Son instinct de survie que la pousse à saisir son arme de poing pour venir à bout du mercenaire, le halo bleuté qui trahissait une certaine nervosité en dépit de son air sûre d’elle, le fait qu’elle cherche à reculer plutôt que d’en finir avec lui d’un simple geste, son besoin de s’assurer une assurance vie et de mettre en garde son adversaire à ce propos… Autant d’éléments qui mirent la puce à l’oreille du N7, qui devait tout de même lui reconnaître un certain sens du spectacle, du bluff et du professionnalisme.

Peut-être un peu trop sûr de lui et de ses capacités, Alec baissa donc sa garde dès lors que la porte de derrière s’ouvrit, esquissant lui aussi un pas en avant afin de garder une distance fixe entre eux. Le duo se livra ainsi à ce drôle de petit manège, elle reculant et lui avançant dans sa direction sur une bonne dizaine de mètres, avant qu’un évènement pourtant fort prévisible ne vienne couper court à leurs échanges si productifs.

Là dehors, à seulement quelques enjambées de leur position, un génie de Krogan mercenaire venait d’imaginer l’intéressante stratégie de cribler le bâtiment de grenades. Attiré par les éclats de voix et les silhouettes se devinant au travers des carreaux de la pièce, l’astucieux lézard trouva certainement suspect de constater la présence de deux individus occupés à discuter alors que des escarmouches se déroulaient toujours dans les environs. Par conséquent, fort de toute la finesse et l’efficacité qui caractérisent son espèce, il réalisa quelques lancers de ses « joujoux adorés », qui firent voler en éclats les surfaces vitrées sur toute la longueur du couloir.

C’est alors qu’il s’apprêtait à ouvrir la bouche en vue de proposer un compromis plus avantageux pour l’Asari que cette mauvaise surprise survint, si bien que le leader du commando terrien remballa sa diplomatie de bas étage avant même d’avoir pu en faire étalage. Pris de court mais réagissant d’instinct, le N7 plongea sur la créature tricentenaire, suscitant chez elle un nouveau réflexe défensif. Sykes eut ainsi la désagréable vision d’une main qui se lève dans la direction, prête à le faire voler à plusieurs mètres pour échapper à son étreinte. Seulement, peut-être aidé par sa maîtrise supérieure du combat au corps à corps, ce fut l’officier qui fut le plus rapide, accompagnant son geste de quelques mots…

- « J’espère que vous ne prendrez pas pour vous le fait que je doive me montrer soudainement plus entreprenant ! » hurla-t-il en levant lui aussi un bras pour saisir la pirate.

Au diable la discrétion, ils étaient repérés, et tout sauterait dans quelques secondes. La nécessité d’évacuer les lieux dans l’instant était là, mais pas question pour autant de voir ces maudites infos lui échapper si facilement au milieu de la confusion. Voilà pourquoi, dans l’urgence de la situation, avait-il asséné à sa comparse d’infortune une Cryogénisation bien placée. Prise de court, l’agent du Courtier de l’Ombre n’eut le temps de riposter, si bien qu’elle se trouva chargée sur l’épaule de son tortionnaire tel un sac à patates. Gelée pour seulement quelques dizaines de secondes, cela donna l’occasion à l’humain de l’extraire de là sans subir de contestation d’aucune sorte, ce qui leur sauva très certainement la vie dans l’instant.

En effet, alors qu’Alec tentait d’enfoncer du pied la porte les séparant de leur délivrance, les projectiles explosifs détonnèrent un à un, propulsant le couple au dehors par l’effet du souffle. Couché au sol après un vol plané de quelques mètres, sonné et victime de douleurs dans tout le corps, le N7 trouva néanmoins la force de prévenir son unité, dont la survie lui importait plus que toute autre chose.

- « Sykes pour Sørensen. Imprévu pour le bon déroulement de la mission apparu… Procédez à l’évacuation et rejoignez le point de chute sur Anhur. Je tâcherais de voir y rejoindre… Exécution… Fin de transmission. » bredouilla-t-il entre deux râles dans son casque.

Enfin, il finit en désactivant son communicateur pour couper court à toute tentative de discuter ses instructions. Des actes qui lui firent perdre un temps précieux, car, tout sonné qu’il était, le soldat de l’Alliance n’avait pas remarqué le Krogan qui s’approchait de lui avec un sourire dément sur le visage, fusil à pompe en main. Derrière lui, ce qui avait été un édifice habité ne représentait plus qu'un tas de ruines en flammes, donnant à la scène une cruelle vision pour un mort en sursis...

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MessageSujet: Re: Une nuit au cimetière... [Terminé]   Une nuit au cimetière... [Terminé] Icon_minitimeMar 26 Jan 2016, 22:57

Ce fut une sensation fort désagréable. Voila bien longtemps que je n’avais pas ressenti le froid glaçant d’une cryogénisation… Saleté d’humain… Enfin j’imagine que je devais m’estimer heureuse d’être encore vie. Probablement m’aurait-il trouée si j’avais été pour lui d’aucun intérêt...

Curieusement, et à ses précédents mots, je m’étais tout de même mise une seconde à imaginer le cas où les circonstances auraient été différentes. Des circonstances où nous n’aurions pas été dans deux camps contraires. Étrange pensée que celle de me voir en Chasseresse Asari, ou tout simplement de m’imaginer exercer une activité non répréhensible par les lois conciliennes. N’ayant jamais connu ça, il me fut bien plus aisé de l’imaginer lui du mauvais côté que moi du bon. Ses compétences militaires auraient assurément fait de cet humain un excellent mercenaire, et s’il avait travaillé pour la milice du Courtier, nous aurions pu faire effectivement connaissance et même être amenés à travailler ensemble.

Mais mon esprit vagabond fut bien vite remis à sa place. Je ne compris même pas pourquoi il s’était d’ailleurs égaré un court instant. Peut-être à cause des flatteries du commando, ou bien le fait qu’il disait avoir un soi-disant profond respect pour mon espèce et qu’il m’avait semblé sincère… Quoiqu’il en soit, après avoir soufflé le chaud, il souffla le froid.

Et quel froid… J’en fus paralysée, ne parvenant qu’à rester immobile devant lui, sans pouvoir même former la moindre projection au creux de mes mains parce qu’il m’avait coupée dans mon réflexe lorsque je l’avais vu foncer brusquement vers moi. Je l’insultai intérieurement. Ce fut d’ailleurs la seule chose que je pus faire. Par la Déesse, j’avais vraiment horreur de cette sensation ! Heureusement encore, que j’avais mon armure légère, mais le froid me glaçait tout de même le sang au point de me faire trembler de l’intérieur.

C’est donc sans pouvoir bouger, ni même manifester mon mécontentement, que je me vis être soulevée comme on soulève une marchandise. À la différence j’imagine, qu’il doit être moins agréable d’avoir une paluche sur une caisse métallique que sur les fesses congelées d’une Asari… Baladée sans mon consentement sur l’épaule du N7, jambes devant, cul en l’air, et tête vers l’arrière, je jurai à nouveau intérieurement contre lui, tout en constatant au loin le danger nous pourchassant à travers les couloirs. Si je devais avouer que monsieur bourrin nous avait probablement sauvé une première fois la vie du Krogan encore plus bourrin qui nous coursait, ma mauvaise foi du moment me fit penser que j’aurais très bien pu me démerder seule.

Spectatrice de la scène douloureuse qui suivrait, je ne pus rien faire non plus lorsque je vis tomber à faible distance de nous de nouvelles grenades de ce crétin de Krogan armé jusqu’aux dents. À cette vision, je crus que s’en était fini de moi, et j’insultai à nouveau intérieurement l’humain de m’avoir privée de mes mouvements et de mes pouvoirs. Une toute dernière pensée qui aurait pu être tournée vers Mère, ou quelqu’un d’autre comptant pour moi, mais non. Ce fut vers lui...

La suite ? Elle fit mal. Mais au moins y eut-il une suite…

Il y eut des explosions plus ou moins simultanées. De violentes détonations dont le souffle nous propulsa à travers la porte donnant sur l’extérieur que l’élite d’humain n’était pas parvenu à enfoncer. L'atterrissage fut particulièrement brutal. Je me retrouvai au sol, avec dans les premiers instants, la perte complète de tous mes repères. L’affreux sifflement d’un important acouphène résonnait dans ma tête à m’en percer les tympans. Je n’entendais plus rien d’autre que lui, et je crus de brèves secondes y être passée, mais la douleur de mes membres me fit rapidement comprendre que les grenades n’avaient pas eu raison de moi. Difficilement, j’ouvris les yeux et relevai péniblement la tête pour prendre connaissance de l’environnement m’entourant.

Je vis la silhouette de l’N7 à quelques mètres devant, lui même au sol, mais sur le dos. Il ne bougeait pas, et je le crus alors mort. Une bonne nouvelle pour moi. Un ennemi de moins, j’allais pouvoir me tirer de là sans avoir à lui remettre mes infos. Il restait encore l’autre Krogan dont je ne savais pas à ce moment là s’il viendrait contempler son oeuvre, et pour cela, je bougeai douloureusement la tête vers derrière, pour constater que je me trouvai toujours dans la merde. Ou peut être pas tout à fait à mieux y regarder… La brute approchait effectivement, mais ne semblait pas s'intéresser à moi. C’est vers l’humain qu’elle se dirigeait en premier fusil à pompe en main.

N’avait-il pas trépassé ?

Je crus entendre le Krogan parler, mais toujours sonnée, je ne perçus clairement ses propos. Il me fallait profiter de la diversion que représentait l’humain pour me tirer de là avant que le Krogan ne me prête attention. Une grimace apparût sûrement sous ma visière brisée lorsque je me mis à bouger mon corps endolori. Je me relevai, lentement, en cherchant à ne faire aucun bruit quand bien même je n’aurais su dire si j’en faisais ou non. M’aidant des débris de vaisseaux proches pour tenir en équilibre une fois sur mes jambes parce je me sentis vaciller légèrement à cause de la perte temporaire de mon audition, je commençai à m’éloigner lorsque mon ouïe revint peu à peu. Je pus alors entendre plus nettement le Krogan proférer des insultes contre le N7 et lui expliquer combien le trouer allait lui être jouissif.

Je m’arrêtai en l’entendant. Étais-je à ce point mauvaise pour laisser crever l’humain qui m’avait sauvé les miches à l’intérieur du complexe ? Il faut croire que oui. Après tout, il avait tout fait foirer, puis m’avait congelée… C’est rancunière que, poursuivant ma fuite, je continuai ma progression de quelques mètres lorsque j’entendis et aperçus au-dessus de moi une navette filer à toute allure. Des survivants parmi les hommes de Razek ? Je penchai plus pour ceux du commando de l’Alliance. Moins leur leader, laissé derrière eux...

À cette pensée qu’il se sacrifiait pour ses hommes, je m’arrêtai à nouveau. Et finalement, fis demi tour.
Foutue faiblesse…

Revenant sur mes pas, je découvris le Krogan devant l’humain toujours au sol. Il s’apprêtait à faire usage de son arme, et ainsi mettre un terme définitif à l’existence de l’N7 en probablement, le décapitant à coup de pompe. Je n’avais certainement pas eu l’idée du siècle en choisissant de revenir pour lui quitte à me faire trouer moi aussi, mais je n’eus plus plus le temps de réfléchir sur ce qui était le plus intelligent à faire.

- « Hey, mon gros ! »

Ok… Pas la meilleure façon de parler à un Krogan lorsque l’on n’en est pas un soi même, mais au moins cela eut-il le mérite de détourner son attention et de donner quelques instants de plus l’humain.

- « Lui, il est à moi. » fis-je, en pointant le militaire du bout de mon Carnifex et en ayant l’autre main prête à envoyer une ridicule projection sur le Krogan en armure. « Alors si tu n’as pas envie de goûter à la puissance de la biotique Asari, je te conseille vivement de ne pas me contrarier, parce qu’on m’a déjà particulièrement bien énervée aujourd’hui… »

Le gros bougea sa carcasse, se détournant de l’humain et faisant deux pas vers moi.

- « Ah oui ? » me fit-il de sa voix rauque. « Et qu’est-ce que tu vas faire, la bleue ? »

Question tout à fait pertinente...

Alec Sykes

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MessageSujet: Re: Une nuit au cimetière... [Terminé]   Une nuit au cimetière... [Terminé] Icon_minitimeMer 17 Fév 2016, 21:08


Le goût de la poussière, l’odeur des cartouches thermiques qui chauffent et d’incendies tout autour, voilà le genre de stimuli que l’on perçoit sur le champ de bataille. Un champ de bataille, c’est précisément ce à quoi l’endroit ressemblait aujourd’hui. Là, au beau milieu d’un trou perdu dans une casse galactique, se trouvait le théâtre d’affrontement aux enjeux aussi secrets que sordides, et au centre son principal acteur, au du moins instigateur… Un pauvre con d'N7 à demi assommé tentait ainsi plus ou moins de reprendre connaissance, tandis que sa tête se trouvait être plus embrumée que cette soirée arrosée dans une allée sordide et glaciale de Glasgow.

Face à lui, une créature bourrine et ô combien dangereuse, dont l’intention était d’en finir avec l’existence du pauvre humain dans l’instant. Ce sourire sordide sur le visage du lézard serait la dernière vision qu’il aurait de sa vie, avant de trépasser dans le sable et le fracas des combats qui prenaient toujours place tout autour d’eux, certains n’ayant pas encore compris que la principale force ennemie venait d’évacuer. Au moins l’officier pouvait-il se consoler en se disant que sa mission relevait du succès, tandis que son escouade se trouvait désormais loin d’ici, inatteignable et donc hors de danger. Car oui, à ce moment-là, Alec ne s’imaginait tout simplement pas être en mesure d’échapper à son sort funeste. Engager seul un monstre de ce gabarit au corps à corps relevait déjà du défi en temps normal, même pour quelqu’un avec son entrainement, mais alors privé d’une partie de ses moyens ? Un véritable suicide. Il fallait se rendre à l’évidence, sa route à lui s’arrêtait dans ce lieu oublié de toute espèce douée de raison.

C’était néanmoins sans compter sur la fibre humanisme (vous pigez le jeu de mots ?) d’une certaine Asari, peut-être prise de remords qui l’empêchaient de ne penser qu’à la valeur pécuniaire des informations qu’elle venait de dérober…

L’agent du Courtier de l’Ombre, de par son intervention inespérée et insensée compte tenu de ses qualités martiales, permit ainsi de faire gagner de précieuses secondes à l’humain qui était décidé à l’arrêter par tous les moyens possibles quelques minutes plus tôt. Le Lieutenant-Commandant profita alors de ce répit pour tenter quelque chose, quand bien même cela devait lui coûter la vie dans l’instant. « Mieux vaut mourir l’arme à la main que sur la tempe » lui avait-on un jour dit dans une banlieue londonienne en ruine. Un conseil qu’il comptait bien appliquer à la lettre sur ce coup.

Occupé à tourner en dérision Kalia, le lézard n’aperçut pas le N7 dégainer son arme de poing, résolument rangée dans son holster lorsqu’il avait embarqué « la bleue ».

Toujours couché sur le dos, Sykes tenta le tout pour le tout en assénant alors un véritable coup en traître au mastodonte. En effet, profitant qu’il lui tournait de dos, le soldat vida son Phalanx sur les jointures inférieures de l’armure du tank sur pattes. Aussi blindé soit-il, le mercenaire ne put que hurler de douleur lorsque les munitions incendiaires firent leur effet derrière les genoux savamment visés par le bourreau. En dépit de sa morphologie de machine à tuer, le Krogan sentit ses jointures être rongées par le feu à l’instant où l’armure ne recouvrait plus sa carapace. Si ce fut loin d’être létal, au moins cela permit-il de rendre momentanément inoffensif leur opposant.

Tandis que ce dernier s’effondrait, renversé au passage par une timide projection biotique de l’Asari et pestant de rage contre ce qu’il considérait comme de la lâcheté, Alec en profita pour se relever tant bien que mal. Conscient que la raison appelait à vider les lieux au plus vite avant l’arrivée de possibles renforts de portes-flingues, l’humain commença par en finir avec le blessé d’une façon plutôt directe, puisqu’il vida sur lui une autre cartouche thermique de son arme de poing pour le maintenir au sol tout en s’approchant. Puis, il profita ensuite des multiples blessures de l’alien et de la crise de convulsions que le prit pour se pencher quelques instants sur le « malheureux » et s’intéresser à la ceinture de grenades portées fièrement par le lézard. Après son passage, les explosifs se mirent ainsi à émettre des bips de plus en plus proches dans les secondes qui suivirent, ce qui ne donna guère de doutes quant au sort réservé au blessé…

Une fois le mercenaire vaincu par les efforts d’un duo aussi atypique, Sykes ne manqua finalement pas de rejoindre son équipière d’infortune. Couvert de sang et de poussière, l'armure roussie par endroits, il avançait d’une démarche encore un peu hésitante et incertaine, sans doute encore sous le coup de l’explosion qui venait de le secouer. En parlant d’explosion, une bien plus originale vint secouer les environs lorsque son petit bidouillage arriva à son terme, transformant leur grand ami en une averse de sang et d’entrailles expulsées sur plusieurs mètres.

- « Alors Cendrillon ? Dites-moi que l’on a encore un certain temps avant que votre carrosse ne se retransforme en citrouille. Ce n’est pas que je serais contre le coup de la panne, mais là… Loin de moi l’idée de dénaturer votre compagnie, disons que j’aimerais d’autant plus en profiter dans un coin tranquille. » finit-il par lâcher "finement" à l’égard de l’Asari en guise de remerciement.

L’officier faisait bien évidemment référence à leur évacuation plus que nécessaire des lieux et à la possibilité de rejoindre ce qui servait de vaisseau à l’espionne… Le duo se devait désormais d’être clairvoyant : la coopération contrainte et forcée, en dépit de leurs intérêts plus que divergents, représentait leur meilleure chance de survie à tous les deux.




Dernière édition par Alec Sykes le Jeu 03 Mar 2016, 00:51, édité 1 fois
Kalia T'Surek

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MessageSujet: Re: Une nuit au cimetière... [Terminé]   Une nuit au cimetière... [Terminé] Icon_minitimeVen 26 Fév 2016, 23:16

Il n’aurait dû y avoir que le sifflement de ce vent sablonneux s’engouffrant dans les maintes et lugubres carcasses qui composaient la surface de cette planète. À la place, c’est tout un orage qui s’était joué en ces lieux, par cette nuit précédemment paisible. À présent, les tambours s’étaient tus. Une dernière cymbale venait de marquer la fin de cette sombre symphonie, laissant derrière son tonnerre, un sol empreint du sang et des restes de celui qui avait fanfaronné.

Le silence et la poussière reprenaient lentement possession de leur territoire, celui d’un cimetière qui comptaient alors quelques âmes supplémentaires.

La mienne ne fut pas des leurs. Pas plus que celle du chef d’orchestre armé qui s’avançait vers moi. Si lui était recouvert des traces du concert qu’il avait dirigé ici, moi je paraissais en meilleur état. Mon épuisement ne pouvait se lire sur mon armure, ni à travers ma visière brisée qui dévoilait seulement l’une de mes joues bleues. Mais j’étais fatiguée. La biotique dont j’avais fait usage pour sauver la vie de cet humain avait puisé une très grosse partie de mon énergie. J’en fus frustrée.

Et me demandai pourquoi j’avais fait machine arrière…

Cette question, je me la posai d’autant plus après les paroles du bellâtre, dont les remerciements furent d’une toute autre forme que celle que j’aurais pu espérer. Mais je ne m’étais pas fait d’illusion. Le bourrin et macho qu’il semblait être n’aurait pu se comporter autrement. C’était un humain comme j’en avais croisé beaucoup d’autres… Avec pour seule différence et il fallait bien l’avouer, le sens du sacrifice.

Immobile et silencieuse, je calmai mon rythme cardiaque tout en réfléchissant à la signification à donner à ses mots. Rien dans ma mémoire ne fit écho au nom de "Cendrillon". Qui était-elle ? Je cherchai dans ma connaissance des déesses humaines, mais en vain. Ne sachant à quoi ce nom se référait, je ne sus comment le prendre. Je ne compris pas mieux le terme “citrouille”, que je supposais être un objet ou un vieux moyen de transport humain. J’avais manifestement encore des progrès à faire avec leur culture et leurs expressions…

Mais le moment et le lieu étaient mal choisis.

Par défaut, ses premières paroles m’énervèrent, et celles qui suivirent encore plus… Sûrement étais-je toujours rancunière de ce qu’il m’avait fait, et de toute mon opération qu’il avait compromise. Un silence accueillit donc ses propos, restant là, plantée devant lui, à observer cette visière opaque de mes yeux bleus qu’il paraissait fixer en retour.

Je considérais que nous étions quittes, et ne voyais donc pas de raison à exfiltrer l’humain… Son insigne “N7” faisait de lui un élite, et l’élite qu’il était supposé être pourrait très bien se démerder comme un grand… Voila ce que je pensais au plus profond de moi, mais que je ne porterai pas, ou pas encore, à sa connaissance. Il y avait une ombre à ce tableau : je ne faisais pas le poids face à lui. Et vu l’absence de stase ou autre pouvoir bien plus puissant que mes simples projections, nul doute qu’il l’aurait compris et saurait en profiter.

Foutue biotique… Si j’avais pu la maîtriser aussi bien que mes défuntes Soeurs de la Nuit, j’aurais laissé l’humain en plan sans craindre pour ma vie…

Pour l’heure, il me fallait être sur mes gardes. S’il avait le sens du sacrifice, je ne savais pas s’il avait celui de la reconnaissance. Je craignais qu’il me la fasse à l’envers. Alors j’hésitais...

Détournant quelques secondes mon regard de lui, j’observais les alentours. Des terres désolées par le passage de son commando. Mais s’il ne semblait y avoir plus âme qui vive, il ne fallait jamais se fier aux apparences. J’en savais d’ailleurs quelque chose… Des renforts pouvant à tout moment débarquer, et ne pouvant y faire face seule, je décidai de me mettre en route, laissant le terrien se joindre à mes pas. Dans le seul et évident intérêt de mes fesses, que je supposais être observées...

Comme les nuits précédentes, je me frayai un chemin à travers la ferraille qui se dressait jusqu’à l’horizon. Korlus n’était définitivement pas la plus belle et praticable planète que j’avais foulée. Mais je n’étais pas là pour faire du tourisme… Marchant en tête, je gardais tout de même un œil derrière, même s’il me paraissait peu probable que l’humain tente quelque chose avant que nous n’arrivions à mon moyen de transport. Mais une fois celui-ci atteint, l’N7 pourrait tout à fait se retourner contre moi, s’emparer de mon OmniTech qui contenait les informations dérobées, et me laisser pour morte dans ce cimetière tout trouvé.

C’est donc pour cette raison que je stoppai mon avancée avant d’atteindre l’emplacement précis de ma Black Stormia. Suffisamment éloignés du camp de Razek, le danger était moindre et nous pourrions mettre les choses au clair… Me retournant prudemment vers l’humain, une main près de mon arme et l’autre prête à faire usage de ma biotique maintenant que j’avais repris le dessus sur ma fatigue, je sortis de mon mutisme, et d’une voix toujours déformée, je le mis en garde :

- « Si vous avez l’intention de me doubler, humain, sachez que j’ai amélioré les systèmes de sécurité de mon véhicule terrestre ainsi que de mon vaisseau de telle sorte qu’ils ne répondent qu’à ma voix et mes codes d’identification. Donc si vous ne voulez pas vous retrouver en panne, vous avez tout intérêt à garder vos mains là où je pense... J’espère m’être bien fait comprendre... »

Alec Sykes

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MessageSujet: Re: Une nuit au cimetière... [Terminé]   Une nuit au cimetière... [Terminé] Icon_minitimeJeu 03 Mar 2016, 00:04


Drôle de nuit en vérité. Si les combats et les piles de cadavres étaient un spectacle – malheureusement ? – habituel pour Alec, l’éventualité de se retrouver cantonné à une collaboration de ce genre n’était pas vraiment au programme. L’humain ignorait tout de l’énigmatique « espionne », depuis sa réelle identité jusqu’à celle de l’entité qui l’employait, et pourtant, son destin se retrouvait lié à celui de l’inconnue. Pour être honnête, la raison du volte-face de l’Asari lorsqu’il s’était retrouvé en danger de mort ne manqua pas de faire réfléchir le soldat tandis qu’ils marchaient en direction du couvert de quelques épaves.

Ainsi, en plus d’éventuellement contempler un spectacle envisagée par la concernée, c’est un officier pensif qui la suivit à travers les amoncellements de ferraille, ne manquant pas de noter au passage que les références terriennes lui étaient inconnues. Lui aussi ne manquait pas de réfléchir à la marche à suivre désormais, car la situation dans laquelle il venait de s’embarquer relevait de l’inédit. Au cours de ses années de services passées à écumer la galaxie, le N7 avait parfois eu l’occasion de travailler avec des mercenaires, tueurs à gages et autres salopards des Terminus, mais œuvrer avec quelqu’un ayant un minimum de principe… étrange.

Pour cette raison, le militaire hésitait grandement sur l’attitude à adopter face à cette représentante de l’espèce de Thessia. Habité par un certain sens de la morale et de l’honneur qu’il devait bien souvent mettre entre parenthèses pour accomplir des objectifs par toujours très reluisants, le trentenaire ne savait trop comment agir dans cette situation. Il s’apprêtait d’ailleurs à s’exprimer sur la question, tentant de dissimuler le malaise qui l’habitait, lorsque Kalia le prit de cours, le mettant en garde sur la conduite qui pourrait être la sienne. Par la même occasion, il ne manqua pas ne noter la posture de sa comparse, visiblement guère à l’aise elle aussi et sur la défensive.

Cet effort d’analyse de la gestuelle de son interlocutrice demanda peut-être un certain effort de concentration au Lieutenant-Commandant, car celui-ci ne réagit aux propos qui lui furent adressés qu’après trente longues secondes d’un silence pesant. Inexplicablement, et en dépit de tout bon sens, l’humain retira son casque en silence, exposant son visage à l’air frais du désert. Là, au milieu des épaves, le casque sous le bras et sans trop réfléchir, il lâcha une première flopée de mots tout en contemplant la belle, et tout particulièrement la visière ébréchée, de ses yeux profonds et inquisiteurs.

- « Sykes, mon nom est Sykes. Je suis peut-être dingue de vous révéler mon identité, mais les chances de survie de notre duo sont minces, alors… Et puis quelque chose me dit qu’après ce qu’il vient de se passer, vous seriez bien incapable de m’abattre sans raison valable. Alors tout d’abord… Ça me coûte de le dire, mais… Merci pour m’avoir aidé à faire sauter cette montagne de muscles. J’avais déjà affronté un Krogan à l’Omnilame, une expérience dont je garde quelques stigmates, mais en faire exploser un de la sorte, c’est bien une première. Quant à mes mains, vous n’avez rien à craindre d’elles. Non pas que la tentation ne soit pas importante, il faut avouer que vous possédez un physique qui laisse rêveur, mais je sais me contenir. » lâcha-t-il d’un air qui se voulait incroyablement léger malgré le contexte, comme dans une confidence, arborant au passage un furtif sourire en coin.

Drôle de numéro que cet humain perdu au milieu de nul part dut se dire l’Asari, et pourtant, elle ne rêvait pas. Sans doute encore un peu secoué par l’explosion qu’il avait essuyé et le fait de dépendre d’elle, il se montrait "gentil" et "modéré" dans ses paroles. Cela devait changer agréablement de l’attitude entreprenante et légèrement macho dont il avait fait étalage jusque-là. Pourtant, en soldat qu’il était, Sykes n’oubliait pas ses priorités. Un point qui s’illustra tout à fait dans ce qui suivit.

- « Des siècles d’existence vous ont appris la prudence et l’art de la prévoyance, n’est-ce pas ? Cette voix de synthèse, le fait de tout prévoir au moindre détail, d’appuyer sur le fait que vous possédiez certaines assurances… C’est bien dommage de nous voir opposés, dans d’autre circonstances j’aurai eu plaisir à connaître une personne comme vous et même travailler avec elle. Hélas nos intérêts divergent, et pour ma part, si j’ai appris une chose au cours des dernières années, c’est bien que les moyens de faire parler quelqu’un sont nombreux… et souvent désagréables pour la personne visée. » cette fois, le ton employé semblait sincère et quelque peu attristé, pour soudainement passer sur un registre plus sérieux et froid sur la dernière phrase.

En outre, l’Omnilame du N7 fit brièvement son apparition sur l’avant-bras droit, comme pour illustrer ses propos et donner un aperçu de ce qu’il évoquait à « la bleue ». Néanmoins, l’humain ne sembla pas la menacer plus que cela, visiblement plus enclin à régler leur différend de façon « diplomatique » que d’avoir à en venir au choix des armes. Oui, devoir violenter celle à qui il devait la vie le répugnait grandement, un fait qui s’expliquait peut-être par la personnalité de l’énigmatique jeune femme. Un mercenaire butarien ou un quelconque chasseur de primes turien aurait certainement fait les frais de l’arme holographique, mais là… Le charme Asari à l’œuvre ? Difficile à dire.

L’officier ne prit de toute façon pas le temps de méditer la question, poursuivant son argumentation tandis que son arme de mêlée disparaissait de façon aussi magique qu’elle était apparue.

- « Sans trop m’avancer, je pense qu’il me serait aisé de réagir avant que vous ne dégainiez cette arme ou ne fassiez encore l’étalage de vos capacités, puis vous mettre hors de combat pour vous prendre cet Omnitech. Il me "suffirait" ensuite d’attendre que des renforts mercenaires débarquent dans le coin et de leur dérober un vaisseau. Pas simple, mais pas infaisable. Cela dit, dans l’immédiat je souhaite quitter cette planète au plus vite et rejoindre mes hommes pour m’assurer de leur survie à tous. Déposez-moi sur Anhur, et j’oublierais le fait que vous souhaitiez faire chanter l’Alliance pour des crédits. Qui sait ? Je serais peut-être même tenté par l’éventualité de recourir à vos services un jour… Cet accord vous semble-t-il envisageable ? » dit-il avec une once de sagesse dans la voix tout en la fixant du haut de son mètre quatre-vingt-six.
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MessageSujet: Re: Une nuit au cimetière... [Terminé]   Une nuit au cimetière... [Terminé] Icon_minitimeSam 05 Mar 2016, 22:38

Les secondes semblèrent durer éternellement. La réaction de l’humain en armure se faisait attendre, et l’attente m’était longue… Immobile et silencieux devant moi, je ne parvenais à percer les pensées qui se cachaient derrière sa visière opaque. L’ambiance de cette nuit capricieuse dans ce cimetière de métal rendait la tension qui m’habitait encore plus oppressante. Mais survint alors un comportement auquel je ne m’étais pas du tout attendu. Un comportement qui, dans la suite des évènements, rendrait mon trouble encore plus grand…

Ce fut donc un casque que je vis être retiré, pour dévoiler dans la semi-obscurité d’un ciel étoilé, un viril visage durcit par les combats et mûrit par les années.

L’inattendu continua de me surprendre. L’élite des forces spéciales humaines accompagna cette révélation par celle de son identité, en dépit sûrement, de toute autorisation. Ce fut alors aux éloges et remerciements de faire ensuite leur entrée. Je semblais avoir mal jugé cet homme, ou peut-être était-ce pour lui, un moyen de m’amadouer… Si une partie de moi appréciait ses mots et confidences, l’autre les recevait avec la plus grande prudence.

D’autant qu’il n’avait pas hésité à me tirer dessus précédemment…

Puis, il aborda à nouveau, une pensée que j’avais moi même eue. Celle là même, où lorsqu’il m’était apparu, j’avais imaginé une fraction de seconde le cas où les circonstances auraient été différentes. Où nous n’aurions pas été dans deux camps contraires. Pensée qui avait été chez moi, aussitôt chassée, mais qui restait visiblement ancrée chez lui. À sa mention, mon esprit la fit ressurgir, et il me fut dérangeant de constater ne pas l’avoir définitivement enterrée... À quoi bon imaginer des choses dignes d’une réalité qui n’était pas la nôtre... ?

J’avais en horreur ce genre de songes parasites, car ils détournaient ma concentration et généraient dès lors une faille. J’étais à ce moment précis, très loin d’imaginer l’importance de celle que cet humain allait faire naître en moi dans le futur…

Son discours devint soudainement ombrageux, faisant remonter aussitôt mon niveau d’alerte qu’il avait su malgré tout, furtivement atténuer. La mention de ses capacités d’interrogatoire me fit presque oublier tout ce qui avait précédé. Devais-je voir là, une menace ? Après tout, ils voulaient les informations que j’avais dérobées, et il m’avait déjà menacé pour elles… L’idée d’un homme reconnaissant que j’avais un instant cru avoir en face de moi à ses précédentes paroles, s’envola à celles-ci. Je devins dès lors tellement sur la défensive que lorsque son Omnilame vint brusquement transpercer l’air et la pénombre, non seulement je sursautai légèrement à la soudaineté de son action, mais toute la tension qui régnait en moi se déclara au moyen de ma biotique, dans un puissant halo bleuté enveloppant tout mon corps et se faisant d’autant plus lumineux dans ma main droite, prête à faire usage d’une projection.

C’est l’air de rien que, je remballai ensuite le tout, parce que ma biotique en pleine nuit était comme un phare en pleine mer: je nous rendais visibles de très loin… Mais surtout, mon hostilité fut en total contraste avec le “marché” qu’il me fit dans les secondes suivantes…

J’en fus d’ailleurs stupéfaite, et de deux manières différentes. Je fus tout d’abord complètement estomaquée du culot dont il faisait preuve. Pas assez que j’avais plus ou moins sauvé ses fesses d’un Krogan et qu’il avait pratiquement foutu en l’air tous les objectifs de mon employeur - et donc ma rémunération finale -, il me demandait à présent de servir de taxi jusqu’à une toute autre planète ?! Et en me faisant du chantage sous prétexte qu’il était tout à fait en capacité de m’interroger et de me voler ce que j’avais acquis avec la plus grande des patiences ! C’était du foutage de gueule le plus total !!

Ce que je lui aurais répondu si ma sagesse n’avait pas pris le dessus sur mes nerfs à vifs… Car si mon cerveau avait traité l’information aberrante et désagréable en premier, il s’occupa tout juste après de celles qui pouvaient m’être particulièrement bénéfiques : que l’humain me laisse les informations et puisse un jour avoir recourt à mes services. En me laissant aller à cette pensée, je le vis même devenir à terme un indic... Avoir pour contact un N7 de l’Alliance pourrait me donner bien des avantages…

Ma méfiance me faisait me dire que cet humain jouait définitivement avec moi. L’armée lui avait bien appris à passer la brosse à reluire...

Néanmoins, après ses compliments qui m’avaient semblé sincères, ses menaces à peine voilées, son chantage abusif, et cette éventualité peut être trop éventuelle à mon goût d’une collaboration future, je décidai de céder. Ou devrais-je dire : je fus habilement conduite à concéder à sa requête… Hors de question de crever ici. Ce Sykes, si c’était là bien son véritable nom, n’obtiendrait aucune parole de ma part. Non, il me verrait seulement reprendre la marche. En silence. Frustrée.

Et sûrement aussi, quand bien même je ne voulais pas me l’admettre sur le moment, troublée.

Il nous fallut pas plus de quelques minutes supplémentaires pour rejoindre mon véhicule, dissimulé entre de vastes morceaux de ferraille. Je l’enfourchai aussitôt, non sans jeter un oeil méfiant sur mon futur passager, et l’activai au moyen de mon OmniTech. Un léger vrombissement perça l’air, marquant l’allumage du speederbike, et l’engin prêt, j’adressai un signe de tête à l’humain pour l’inviter à monter. Ce serait la première fois que quelqu’un d’autre que moi poserait ses fesses sur ma reluisante Black Stormia…

Ce serait la première fois également, qu’en trois siècles d’existence, je laisserai un humain m’entourer de ses bras.

Si la situation n’était pas vraiment appropriée pour me faire cette réflexion, je m’apercevrai en cours de route que ce rapprochement anodin pour d’autres, ne le serait pas pour moi. Démarrant en trombe aussitôt l’humain installé, je pris la direction de l’Arion, laissant virevolter derrière nous nombre de grains de sable au repos troublé. C’est avec plaisir que je conduisis ma bécane volante. Le vol et la vitesse m’avait toujours procuré les sensations d’une liberté dont j’avais trop longtemps été privée. Mais si je maîtrisais à la perfection mon engin, la situation et le contact étrange d’un humain derrière moi ne me permit pas pleinement de maîtriser toutes mes pensées. Je m’en aperçus lorsque nous frolâmes de justesse une épave qui n’avait pas été là à l’aller, pour la simple et bonne raison que, troublée, j’avais brièvement dévié de ma trajectoire… Reprenant le bon cap, j'espérais que l’humain n’y aurait vu que du feu, ou qu’il aurait pris ça pour un jeu vu l’amoureuse de sensations fortes que j’étais...

La balade ne dura pas plus d’un quart d’heure, après quoi je ralentis tandis que nous arrivions dans une zone encore plus désolée que celle du camp de Razek. Là, camouflé au milieu de débris et carcasses toutes plus impressionnantes les unes que les autres, se trouvait l’Arion. De seulement une vingtaine de mètres, ma navette devait sûrement paraître totalement ridicule à l’habitué des imposants vaisseaux de l’Alliance. Noire, elle se fondait parfaitement bien dans le décor et dans la nuit. À notre approche, j’activai sur mon OmniTech l’ouverture de la soute, et la rampe de celle-ci s’abaissa dans un bruit de dépressurisation. La Black Stormia garée à l’intérieur, je coupai le contact, et nous descendîmes.

Je ne tournai pas un moment le dos à mon passager armé. Il n’avait pas ma confiance, et je comptais bien le lui montrer. C’est donc face à lui, après avoir remis une certaine distance de sécurité entre nous, que je dévoilai à mon tour mon visage. Celui d’une Asari, comme il l’avait si bien déduit. Je passai quelques secondes mon index ganté à travers la brèche de mon casque, observant un instant ses dégâts de mes yeux bleus, avant de redresser mon regard pour le poser sur mon invité d’honneur…

Sous l’éclairage de la soute, ses traits étaient beaucoup plus nets et détaillés. Ses yeux, qui m’avaient paru sombres dans la nuit, se révélaient finalement clairs à la lumière. Leurs iris semblaient teintées d’un vert cosmique qui me rappelait une somptueuse nébuleuse observée lors de l’un de mes nombreux voyages. Son regard particulier ressortait d’autant plus par le contraste de ses courts cheveux bruns et de sa peau pâle. Son nez droit, ses lèvres imperturbables et ses sourcils naturellement froncés donnaient à l’humain un sérieux et une détermination qui paraissaient inébranlables, jusqu’à venir chercher chez moi une forme de respect et d’admiration. C’est un visage dur qu’il avait. Le visage d’un homme à son plus bel âge, mais celui d’un homme ayant trop vécu.

La Guerre a fait prendre bien des années à bien trop de personnes, et en a privé bien trop d’autres d’années…

Prenant conscience des détails que j’étais entrain de remarquer chez lui, je finis par détourner mon attention pour ne pas que cela devienne gênant. Je me rendis auprès d’une paroi plus claire que les autres à l’avant de la soute, et y approchai mon oeil droit. Un rayon scanner rétinien l’analysa, et l’instant d’après, une cache secrète s’ouvrit. À l’intérieur du petit renfoncement, un bien modeste ratelier, où seul était accroché une M-4 Shuriken, les autres espaces étant vides. J’y replaçai mon Carnifex et mon poignard, et dans un coin, mon casque à faire réparer. Puis, je refermai mon armurerie, et reportai mon attention sur celui pour qui j’étais temporairement devenue le pilote attitré.

- « Andvar ? » lançai-je alors en l’air, et pour la toute première fois avec ma voix véritable.

Mon I.V de bord se matérialisa holographiquement en l’apparence d’un drell au centre de la pièce.

- « Que puis-je faire pour vous ? »

- « Protocole de sécurité I-5, nous avons un invité à bord. Prépare le vaisseau pour le décollage. Nous mettrons le cap sur une planète dénommée Anhur. Tu feras afficher sur le terminal B les informations que l’on possède dessus. »

- « Je m’y attèle immédiatement.»

L’hologramme du drell se volatilisa, et je me retrouvai à nouveau seule avec l’N7 en armure.

- « Pas d’arme dans le reste de l’appareil. Déposez vos affaires sur le coffre derrière vous. Mon vaisseau, mes règles. Et ne touchez à rien. »

Comme il n’irait nulle part s’il me descendait, je le laissai se débarrasser de son équipement inutile ici, et disparus à travers le sas qui donnait sur le prochain compartiment, celui de mes appartements.

Alec Sykes

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MessageSujet: Re: Une nuit au cimetière... [Terminé]   Une nuit au cimetière... [Terminé] Icon_minitimeJeu 17 Mar 2016, 00:37


Bonne et agréable surprise que celle d’une interlocutrice sensée et coopérative. Malgré son air assuré qui transparaissait à travers les mots choisis, Alec venait de jouer un coup de poker assez risqué. Certes, son interprétation n’avait pas été dénuée de toute logique, mais en être réduit à un tel cas de figure se serait avéré problématique. Pour cette fois, il ferait donc vers son point de repli avec une invitée inattendue. Si cette situation se révélait plutôt inédite, c’est surtout la nature et la réelle allégeance de l’inconnu qui était un sujet de préoccupation chez le N7.

Pour avoir devancé les services de renseignement de l’Alliance de plusieurs jours comme elle venait de le faire, l’Asari disposait forcément d’un réseau. Aussi sage soit-elle de par son âge, cette dernière ne brillait pas vraiment de par ses compétences martiales, une faiblesse qu’elle semblait aisément compenser par le biais d’une intense préparation et une prudence extrême. Certes, cela représentait un avantage certain face au mercenaire moyen, seulement il devait exister quelqu’un qui la « pilotait » à distance, lui donnant les meilleures chances de réussite possibles en mettant à sa disposition informations et matériels. Agissait-elle seulement pour l’argent ou une toute autre motivation ?

Ces questions obnubilèrent le militaire tout le long du voyage jusqu’à la navette de Kalia, et perdura d’ailleurs pendant le reste du voyage à bord de ce qui se révéla être un appareil parfaitement configuré afin de ne pas attirer l’attention et être au maximum fonctionnel. Malgré ses efforts de réflexion, il ne manqua pas de noter la conduite « originale » de sa « bienfaitrice », bien que les raisons d’une telle incartade soient encore bien mystérieuses. En effet, Alec n’en apprendrait l’origine que bien plus tard, et ce dans un tout autre contexte…

La fin de leur ballade en spiderbike se solda par l’embarquement de ce qui devait être le moyen de transport principal de celle que l’on pouvait qualifier de freelance. Avant d’embarquer, Sykes n’oublia pas de contempler de longues secondes l’immatriculation civile peinte sur le flanc droit de l’appareil, le genre de détail qui pouvait l’assurer de retomber plus tard sur la couverture de son énigmatique équipière d’infortune. Ce furent d’ailleurs ces mêmes yeux qui se déportèrent sur le visage découvert de la belle, l’examinant sous toutes les coutures possibles et avec une insistance qui pouvait avoir l’air déconcertante.

Cela s’avéra tout de même être une réaction somme toute normale après ce qu’ils venaient de vivre, ayant chacun confié pendant un temps sa vie dans les mains d’un inconnu. Le soldat put ainsi reconnaitre chez l’Asari toute la beauté et la grâce caractéristique de son espèce, contempler des longues secondes ces prunelles océan reflétant une certaine malice, bien que ses traits trahissaient un état de tension plus que flagrant. A n’en point douter, l’anonyme se trouvait en train de calculer toute les possibilités qui pourraient découler de l’accord tacite et fragile auquel elle venait de consentir.

Cette méfiance compréhensible et justifiée se traduisit par l’échange qu’elle eut avec son IV Drell puis par des conditions imposées à son passager, qui ne s’en étonna guère lorsqu’il prit connaissance de leur contenu. A dire vrai, c’est davantage la nature de son « majordome de bord » qui intrigua l’humain. Pour quelle raison un Drell ? Celui-ci représentait-il un être cher pour elle ? Un attachement particulier pour cette espèce ? Le genre d’interrogations par vraiment cruciales pour se sortir de la situation dans laquelle il se trouvait, mais dont Alec s’étonna sur les raisons qui l’amenèrent à y songer. Hélas, encore une fois, ces réponses ne lui seraient données que bien plus tard…

En attendant, et tandis que l’espionne prenait momentanément congé, Alec prit sur lui de coopérer et d’exécuter les directives qui lui furent données. En conséquence, il déposa bien en évidence casque, fusil d’assaut et arme de poing sur un râtelier vide de la rampe d’embarquement, avant d’emboîter le pas à la propriétaire de l’engin. A défaut d’être armé, au moins le lieutenant-commandant pourrait-il recourir à son Omnictech et quelques prouesses martiales pour reprendre l'avantage, du moins l’espérait-il…

Ayant pour projet de rejoindre le cockpit pour s’assurer que le décollage aurait bien lieu sans que l’on tente de le doubler, Sykes fut pris de cours lorsqu’il traversa la section d’habitation et vit son regard être attiré par un élément en particulier. Là, au milieu d’un environnement totalement étranger et potentiellement hostile, le mini-bar venait de lui taper dans l’œil. Une petite dizaine de bouteilles, méticuleusement alignées dans un massif placard mural entrouvert, n’attendaient qu’à servir. Comme inspiré par une note de génie pas si géniale que cela compte tenu de la nature de son hôte, le N7 choisit de désobéir à l’un des règles fondamentales que l’on venait de lui communiquer et à laquelle il avait consenti.

Quelques minutes plus tard, lorsque Kalia sortirait de ce qui s’apparentait à un coin salle de bain après avoir quitté son armure pour quelque chose de plus confortable pour la vie à bord, elle se verrait accueillie par une scène surréaliste. Assis sur ce qui servait de table, un humain faisait face à deux ou trois bouteilles et un duo de verres au contenu bleuté. Cigare allumé dans une main, il tellement à l’aise dans son petit rôle que cela avait quelque chose de déroutant. En voyant débarquer sa comparse, il l’invita même à le rejoindre d’un signe de sa main libre, avant de lui tendre l’un des verres, et le tout sans se démonter dans les propos qu’il tint dans le même temps…

- « Hum… Ce genre de tenue vous rend davantage justice que cette armure. Dommage de ne pas s’être rencontrés dans un autre cadre plus propice à ce genre de code vestimentaire. » lâcha-t-il d’un ton sincère en arborant un air contrit tout en détaillant la belle de haut en bas et admirant ses formes mises en valeurs par ses vêtements plus près du corps.

Il tira une taffe sur son cigare, petit plaisir coupable qu’il devait initialement fumer dans la navette de retour une fois le succès de sa mission confirmée, avant de poursuivre.

- « Avant de me débarquer par dépit, je tiens à dire que je suis navré, j’ai enfreint une de vos règles. Néanmoins, je me suis dit qu’après ce qu’il vient de se passer, un petit remontant s’imposait… Vous n’êtes pas d’accord ? »
la questionna-t-il en lui lançant un regard plein d’espoir.

Bien conscient qu’il jouait peut-être son billet de retour par son culot, l’officier ne se démonta pas pour autant dans ce qui suivit.

- « Oh… Et pas la peine de supposer ce verre empoisonné ou je ne sais quoi d’autre… Comme vous l’avez si bien dit, j’ai besoin de vous en pleine forme pour me mener à bon port, même si je ne doute pas que ma présence ne vous saoule déjà... De toute façon le tord-boyaux des butatiens sur Anhur saura vous faire cet effet si vous choisissez d’y rester quelques temps… »

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MessageSujet: Re: Une nuit au cimetière... [Terminé]   Une nuit au cimetière... [Terminé] Icon_minitimeSam 26 Mar 2016, 21:06

Dans quelle situation m’étais-je fourrée ?

Une question que je n’aurai de cesse de me poser durant toute la nuit, mais aussi et surtout, et je n’en savais encore rien, durant les années à venir…. J’étais en tout cas, face au miroir que je fixais devant moi, bien loin de me douter de la tournure que prendrai cette rencontre surréaliste.

Mère m’avait dit que nous pouvions en être frappée n’importe où, n’importe quand, par la dernière personne que l’on aurait envisagée. Sa définition de ce qu’elle appelait le “Lien Céleste” concordait plutôt bien avec les évènements de ce soir là… Si j’admirais tout en haïssant celui qui la liait encore à Père, je n’eus jamais cru un jour en être touchée moi aussi. Peu d’Asari en faisaient finalement l’expérience. De celles qui l’avaient connu, nombreuses disaient qu’il était une malédiction. C’est pour cette raison que notre espèce avait développé une philosophie d’attachement sentimental modéré voire inexistant envers les races à l’espérance de vie minime.

Si je voyais encore le “Lien Céleste” comme un malheur tant il en avait apporté à Mère et par causalité, à moi, je finirai par penser dans un futur pas si éloigné, que la malédiction véritable se trouvait être notre longévité.

Mais cette nuit là, la seule pensée que reflétaient mes yeux dans ce miroir, était celle de la très mauvaise idée que j’avais eue de laisser ce goujat d’humain monter dans mon vaisseau… Mais qu’aurais-je pu faire d’autre ? Je me sentais prise au piège par son satané chantage, et cela m’irritait particulièrement. Cette situation me renvoyait forcément aux difficultés que j’éprouvais avec ma biotique, et c’était là, un sujet sensible, qui me contrariait inévitablement. Si seulement je maîtrisais ma stase, je n’aurais jamais eu à me plier à cet individu…

Je soupirai, puis me passai un peu d’eau fraîche sur le visage, avant d’échanger mon armure pour des vêtements plus agréables. J’étais chez moi ici, et je ne comptais pas modifier mes habitudes ou mon confort sous prétexte que j’avais un indésirable invité au rang important dans l’Alliance. Je revêtis donc une tenue en cuir noir, en somme toute basique, mais qui épousait mon corps telle une seconde peau pour faire ressortir d’autant plus le bleu de la mienne. Je quittai la pièce l’instant suivant en vue de rejoindre le cockpit pour y lire les informations sur Anhur qu’avait dû me faire afficher Andvar, mais cet objectif fut momentanément balayé de mon esprit tant l’aisance de celui que j’eus face à moi en sortant me figea sur place…

Mon regard détailla tout aussi longuement l’humain que lui détailla mes formes. Mais la différence notable qu’il pouvait y avoir entre nous, fut sûrement que mes yeux n’observèrent immédiatement rien qui leur fut agréable... Si mon irritation de toute à l’heure était toujours présente, elle fut d’autant plus ravivée à la constatation que les règles pourtant clairement énoncées n’avaient pas été respectées. Il se trouvait là, tout innocemment assis sur la table, avec à côté de lui, mes trois bouteilles souvenirs préférées, parce qu’il avait évidemment choisies les meilleures… Mais pour couronner le tout, Monsieur-mes-pectoraux-sont-taillés-dans-mon-armure - mais j’admets qu’elle avait de l’allure - fumait un objet cylindrique dont l’odeur nauséabonde commençait à faire empester toute ma cabine et resterait probablement incrustée dans l’air et dans les tissus un bon moment… De quoi en somme, me faire penser à lui à chaque fois que j’y mettrai les pieds...

Cet humain était une pure provocation !

Si je sentis ma biotique frétiller à mon degré d’exaspération, je l’empêchai cette fois-ci de se manifester en halo comme elle avait pu le faire précédemment. L’effet qu’il avait sur moi aurait sûrement bien trop amusé le militaire, et il était hors de question de lui faire ce plaisir… Il allait me falloir la jouer autrement.

Depuis mon apparition dans la cabine, je restai ainsi figée et impassible, à traverser plusieurs stades intérieurs. La surprise, la contrariété, et finalement : un besoin débordant de représailles. La provocation était bien la seule chose que l’humain paraissait comprendre… J’allais donc m’engager sur le même terrain que lui, non sans craindre perdre la partie, mais il ne m’était pas concevable de laisser passer ce que j’avais sous les yeux...

Entendez là évidemment, son comportement.

C’est donc décidée à m’engager sur un terrain glissant, que je m’avançai vers ce Sykes, sans être trop certaine en fin de comptes de ce que j’allais faire ni de ce qui allait m’arriver. Je savais seulement que plus la distance entre lui et moi se réduisait, et plus je doutais de l’intelligence de mon action future... En définitive, je me retrouvai rapidement accolée aux jambes de l’humain à la confiance en lui débordante et toujours assis sur la table. Moi, qui aussitôt dans la soute avait brisé la proximité qu’il y avait eu entre nous sur mon speederbike, voilà que je venais chercher son contact… Qu’est-ce qui ne tournait pas rond chez moi ?

C’est donc là, mon corps pressé contre ses jambes et nos visages séparés d’un faible espace, que je me mis à le fixer dans les yeux. Des yeux verts. Je m’en étais déjà aperçue tout à l’heure, mais à une telle distance, je me mis à les trouver encore plus… … Par la Déesse, il avait quand même un regard enivrant ! ... Mais je ne laissai rien transparaître du trouble que je pus ressentir et que je m’efforçai d’ailleurs de feindre intérieurement. À la place, je laissai l’ombre d’un tout calculé sourire enjôleur se dessiner sur mes lèvres closes.

Toujours silencieuse, et sans détacher mes yeux des siens, je saisis finalement le verre qu’il me tendait, pour le porter à ma bouche et le vider d’une traite, avant de le poser d’une manière sonore à côté des bouteilles. J’eus assurément besoin d’un tel remontant pour me lancer dans l’action qui suivit la seconde d’après…

C’est donc tout étonnamment que je me mis à poser mes mains sur ses genoux, pour les lui écarter et me rapprocher au plus près de son corps. Vu ses précédents commentaires sur ses affinités envers la race Asari ainsi que ses longs regards qui, si ses yeux avaient été dotés de rayons X, m’auraient probablement déshabillée, je voyais mal l’humain broncher à ce prompt rapprochement… Mes mains vinrent alors se poser sur ses bras, et lentement, je les fis descendre jusqu’aux siennes dans une caresse sensuelle qui me mettrait elle aussi mal à l’aise lorsque j’y repenserai ensuite, mais j’espérais que mon comportement perturberait particulièrement l’humain sur le moment. Parallèlement, je vins presser mon corps contre son armure glaciale tout en la remerciant d’ailleurs d’être aussi froide, pour ensuite pencher ma tête vers celle de l’N7 et lui murmurer à l’oreille dans un souffle chaud :

- « Vous avez raison… » laissai-je en suspens, lascivement.

Je n’avais plus aucun doute là dessus. J’allais sûrement regretter cette provocation. Mais il l’avait cherchée…

- « Mon verre n’était pas empoisonné. Le vôtre en revanche… aura probablement un goût fumé. »

M’écartant alors de lui, un sourire impertinent aux lèvres, je survolerai de ma main gauche le verre qu’il s’était abusivement servi, et alors, il verrait des cendres y tomber lorsque mes doigts s’ouvriraient. En détournant son attention, l’une de mes mains avait dérobé son infect cigare, et la biotique au creux de ma paume avait fait le reste… En un instant, je venais de lui griller trois de ses plaisirs. Son cigare, son verre, et ses fantasmes...

J'espérais - probablement naïvement - que cela lui apprendrait ce que je lui avais dit : mon vaisseau, mes règles.

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MessageSujet: Re: Une nuit au cimetière... [Terminé]   Une nuit au cimetière... [Terminé] Icon_minitimeVen 08 Avr 2016, 22:01


Était-il mort aux mains de ce Krogan à la surface de Korlus ? Alec aurait pu le penser en observant l’approche de cette sensuelle et divine créature qui vint littéralement se coller à lui. Quelle surprenante et agréable distraction que celle de l’Asari entrant dans son petit jeu ! Oubliant son entrainement l’espace d’un instant, l’humain baissa sa garde plus qu’il ne le lui était permis en présence d’une inconnue. En effet, s’il doutait de la dangerosité immédiate de la belle, dont les aptitudes martiales et biotiques semblaient inférieures aux siennes, la ruse dont elle était capable de faire preuve constituait une menace à ne pas négliger.

Pour en avoir connu beaucoup, le N7 était bien loin de se laisser si facilement abusé par un physique avantageux en temps normal. Pourtant, il ne sut mettre un nom sur le trouble qui l’habitait au contact de l’espionne. Quelque chose chez elle le troublait plus que de raison, un phénomène qui ne s’expliquerait que bien plus tard, si bien que cela risquait de nuire à leur petit voyage à destination d’Anhur. Que se passerait-il si, profitant de son avantage passager, la propriétaire du cargo parvenait à prendre le dessus et décidait de le débarquer ?

Le genre de question qui aurait certainement hanté l’officier de l’Alliance en possession de toutes ses facultés. Hélas, dans le cas présent, il n'était plus cet homme là. Non, au lieu de cela, Sykes profita de cette scène surnaturelle comme si il était effectivement tombé dans les sables de la décharge que représentait Korlus. A dire vrai, on faisait difficilement plus agréable comme moyen de torture, et tant qu’il n’était pas question pour lui de révéler une quelconque information à « son bourreau », le supplicié se laisserait volontiers faire.

Collant tout à fait au cliché du pauvre marin subjugué par sa sirène, ou plus simplement à l’abruti lambda courant après une femme fatale, le trentenaire se figea dès lors que l’Asari l’approcha pour rechercher un contact physique avec lui. Il faut dire que sa tenue actuelle, nettement plus attrayante que son armure, rendait grandement justice aux formes de la prédatrice qu’elle était devenue. Captivé par cette vision et tous les sens en éveil, le militaire oublia jusqu’à l’existence du contenu de ses mains, ce qui aida Kalia dans l’exécution de son petit manège. L’intéressée ressentit très certainement le frisson qu’elle provoqua chez « sa victime », un point qui la ferait jubiler quant au petit effet que son tour de passe-passe produisit.

Une manipulatrice/provocatrice née et douée pour cela, ni plus ni moins, voilà ce qu’était T’Surek pour l’humain lorsqu’il réalisa ce qu’il venait de se passer. Tirant profit de son avantage passager, elle venait de le priver de ses petits plaisirs amplement mérités compte tenu de ce qu’ils venaient de vivre. Un moyen de montrer qu’elle seule gardait la main sur la situation en tant que maîtresse du bord ? Très certainement. Dès lors, les traits de l’officier passèrent de la surprise à l’indignation, pour se muer très vite en une franche preuve de sa détermination à ne pas laisser le dernier mot à son adversaire. Elle voulait jouer sur ce registre pour montrer sa supériorité ? Soit ! Les hostilités étaient donc lancées…

Sykes n’avait jamais été du genre à tourner le dos à un défi, ce qui lui avait peut-être valu sa position au sein des forces spéciales, alors il était hors de question d’en rester là. Si l’idée de passer par des « négociations musclées » pour montrer qui il était effleura brièvement son esprit, c’est une toute autre manœuvre qu’adopta le terrien pour faire savoir qu’il ne s’avouait pas vaincu. Dans un geste de défi accompagné d’un regard tout aussi éloquent adressé à la belle encore collée à lui, il commença par s’intéresser au contenu de sa consommation. Levant son verre comme pour porter un toast, il s’engagea alors dans la stupide option d’en vider le contenu d’une traite, et ce, en dépit du goût infâme qui en résulta.

Grimaçant du fait de cette saveur amère et « fumée », le lieutenant-commandant se fit malgré tout souriant la seconde qui suivit, alors qu’il s’adressait d’un air presque complice à l’Asari.

- « Le cocktail cendré, c’est une spécialité Asari ? Ma foi, j’ai bu pire. Mais voici une spécialité terrienne plus douce. » Lâcha-t-il sûr de lui, avant de poser bruyamment son verre sur la table.

S’exécutant avec une rapidité déconcertante, les mains baladeuses du N7 se refermèrent dans une étreinte puissante mais contrôlée sur les formes avantageuses de l’Agent du Courtier de L’Ombre. L’une d’elle vint ainsi l’enserrer par la taille dans le but de les rapprocher au maximum l’espace d’un instant, tandis que l’autre se posa sur une des délicates joues bleues. Là, profitant à son tour d’un effet de surprise certain qui prit momentanément le pas sur l’instinct de préservation de « sa prisonnière », Alec osa le pari de lui voler un cours mais langoureux baiser. Du genre que l’on pouvait voir dans ces holofilms au goût douteux sans grand intérêt, la satisfaction qu’en ressentit l’humain tant sur le plan émotionnel que jubilatoire fut immense.

D’un geste d'un seul, le commando venait à la fois de clouer le bec à son interlocutrice tout en en retirant un petit plaisir coupable. Que pouvait-il faire de plus (mieux) ? Peut-être ce petit commentaire lâché d'un ton faussement innocent, bien que sincère, allait-il répondre à cette dernière question…

- « Un remontant bien plus agréable et efficace je dois dire. De mon point de vue, voilà qui compense vos lacunes en biotique et pourrait me pousser à rester... »

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MessageSujet: Re: Une nuit au cimetière... [Terminé]   Une nuit au cimetière... [Terminé] Icon_minitimeMar 12 Avr 2016, 23:54

Je l’avais cherchée, mais pourtant, la résultante ne fut pas celle à laquelle je m’étais préparée. J’imagine que l’évidence n’en est jamais une au moment même...

Ce qu’il m’avait volé cette nuit là, je m’en souviendrai avec une parfaite clarté trois ans plus tard. C’est plutôt curieux comme d’infimes secondes peuvent s’inscrire à vie dans la mémoire d’un être d’une longévité millénaire... Je n’en avais alors pas conscience, mais elles avaient marqué là, le début d’une page inattendue de mon existence.

Je m’étais retrouvée contre lui, sans en être cette fois l’initiatrice… J’aurais cru que sa provocation s‘arrêterait au cocktail cendré qu’il s’était mis à boire en dépit de son goût infect, mais l’humain avait eu une réponse bien plus “hostile” à me donner… Sans que je n’eusse le temps de réagir, non seulement ses mains s’étaient collées à mon corps, mais ses lèvres s’étaient scellées aux miennes... Avec le recul, repenser à ce moment me fait secrètement sourire... Mais sur l’instant même, j’eus tant été bouleversée par un tel tumulte de sentiments contradictoires, qu’il m’avait été impossible de m’insurger...

Si j’avais entendu le commentaire que l’humain avait lâché une fois le contact rompu, mon esprit était resté momentanément bloqué sur mes lèvres un instant prisonnières des siennes. C’est un silence d’ahurissement qui avait donc accueilli ses mots. L’observant de cette expression figée, et l’esprit déconcerté, je n’eus même pas aperçu cet ardent halo cobalt qui s’était mis à danser autour de mon corps au rythme de ma respiration haletante et de ma contrariété manifeste… Son contact venait de faire naître en moi, une frénésie occulte.

Il y avait de la colère. Cet humain ne respectait rien, à la place il profitait… De mon manque d’armement. De mon manque de maîtrise biotique. De mes moyens de transport. De mes affaires… De moi... Il y avait aussi de la rancune. Il m’avait tiré dessus, et surtout, il avait contrecarré mes plans, et par causalité, ma commission finale. Mais il y avait également cette profonde exaspération que j’avais envers lui de me rendre aussi nerveuse, et de parvenir à m’en faire perdre mon contrôle. Cela s’était produit lors du trajet jusqu’au vaisseau, et cela se répétait à nouveau...

Lorsqu’il avait libéré ma bouche de la sienne, non seulement je l’avais haï de l’avoir faite otage un instant, mais je m’étais surprise à avoir trouvé la captivité trop courte en éprouvant un frustrant déchirement… C’est finalement bien plus sidérée par l’éphémère et inconcevable désir que j’avais ressenti pour l’humain que par sa propre action, que je me retrouvai sans voix à luire telle une luciole d’Asteria devant ses malicieux yeux verts qui me fixaient en retour.

Ce fut seulement lorsque la voix d’Andvar résonna dans la cabine, que mon esprit reprit le cours du temps, non sans d’ailleurs, éprouver un agacement supplémentaire…

- « Les senseurs de votre OmniTech indiquent une augmentation anormale de votre rythme cardio-respiratoire ainsi qu’une activité inhabituelle de votre système endocrinien. Mon programme me permet de vous proposer une sélection de musiques relaxantes. Désirez-vous l’écouter ? »

Je soupirai bruyamment. Il ne manquait plus que mon I.V de bord pour rajouter une couche sur la situation, et certainement faire sourire ce Sykes quant à mon état intérieur, que je compris ne pas être si intériorisé que ça, m’apercevant dès lors de la perfide trahison de ma biotique...

Exaspérée, je rangeai brusquement bouteilles et verres, puis pris le large.

Tournant le dos à l’humain, je baragouinai un évasif « Vous n’êtes pas mon genre. » qui était peut être bien plus destiné à me convaincre moi même qu’à convaincre l’N7, puis me rendis dans le cockpit. Nous avions déjà assez perdu de temps comme ça. J’allais conduire cet homme sur Anhur, et il quitterait mon vaisseau et ma vie. Ou tout du moins l’avais-je pensé à ce moment là…

Andvar avait bel et bien fait afficher sur l’écran les recherches que j’avais demandées. Je jetai un oeil tout d’abord vaguement attentif à la destination qui ne semblait pas vraiment avoir bonne réputation, et m’apercevant des paysages recensés dans la base de données, je portai une attention plus conséquente à la planète. Elle me rappelait un peu celle où j’étais née, en plus belle. Les quelques images qui défilaient sous mes yeux montraient de grandes étendues de sable fin léchées par une eau d’un turquoise étincelant et bordées par une végétation majestueuse.

Mais ma soudaine rêverie fut perturbée par une alerte sonore qui me sortit rapidement de ma contemplation. Les capteurs s’étaient mis à détecter un appareil se rapprochant de notre position. Nous ne pouvions rester plus longtemps sur place, et je craignais que cet éclaireur rameute des chasseurs ennemis si l’Arion ne dégageait pas de là vite fait... J’attrapai la ceinture de sécurité de mon fauteuil, et l’attachai aussitôt.

- « On a de la compagnie, accrochez-vous. » informai-je platement, avant d'enclencher les propulseurs tout en sachant l’humain encore debout derrière moi.

Le décollage serait tellement précipité et dans un tel angle de montée que l’N7 en aurait probablement perdu un instant l’équilibre, le temps d’éventuellement trouver place sur le second fauteuil et de s’y attacher à son tour. Peut-être pourrait-on y voir là une petite vengeance plus ou moins inconsciente de ma part, mais à cet instant, là seule chose que j’aurais vraiment à l’esprit serait de nous tirer de là en vitesse grand V.

Mes craintes se révéleraient rapidement fondées, et bien vite, ce n’est pas un point mais trois qui apparaîtraient sur les capteurs du vaisseau. Il nous faudrait rejoindre rapidement l’espace. Dès lors que nous aurions franchi l’exosphère, il me deviendrait possible d’activer le réacteur supraluminique, et alors nous serions tranquilles. Chercher l’Arion dans l’espace à cette vitesse là serait un peu comme chercher une Smart dans Los Santos... Mais d’ici là, il allait me falloir ruser et profiter des perturbations atmosphériques pour espérer semer les nouveaux amis que je devais à Sykes...

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MessageSujet: Re: Une nuit au cimetière... [Terminé]   Une nuit au cimetière... [Terminé] Icon_minitimeMer 20 Avr 2016, 23:03


Aussi agréable qu’exubérant pour l’Asari, voilà comment fut perçu par la concernée l’ultime affront que venait de lui faire son passager. Car il fallait bien se rendre à l’évidence compte tenu de son comportement et du déni qu’elle semblait cultiver pour elle-même : la chose ne lui avait visiblement pas déplu, bien au contraire. C’est conscient de cela que son « bourreau » la regarda s’éloigner avec un sourire aux lèvres, qui ne put que s’agrandir dès lors que le toutou Drell de la belle se manifesta et qu’elle tenta de dissimuler son trouble.

Malgré la situation inédite dans laquelle il se trouvait, le soldat ne pouvait s‘empêcher de tirer un certain plaisir des récents évènements, comme si son voyage de retour sur Anhur l’avait vu être surclassé pour passer de la classe éco’ à la classe affaire… Enivré par son petit succès, il se permit même de poursuivre sur le même registre en appuyant là où ça fait mal.

- « J’ai assez étudié la physiologie, la psychologie et la gestuelle des différentes espèces au sein du CFCI pour me rendre compte que vous mentez effrontément, et ce n’est pas votre IV qui me contredira. Disons que je vous devrais un dîner pour me faire pardonner le dérangement et tirer cette mystérieuse affaire de halo lumineux au clair… Vous aimez les langoustines ? » lâcha-t-il sûr de lui, et peut-être un peu présomptueux à l’idée que l’espionne ne fasse même qu’envisager l’éventualité de partager un repas dans un cadre plus propice.

Et s’il allait trop loin ? Peu importe, Alec n’en avait cure. De toute façon, il ne reverrait très certainement pas l’inconnue de sitôt, même si certaines pistes lui étaient désormais ouvertes pour en apprendre plus sur son identité. Que ferait-il d’ailleurs d’elle une fois arrivé à destination ? En arriverait-il à respecter sa part du marché, ou, en bon soldat qu’il était, la livrerait-il à ses supérieurs pour interrogatoire ? L’Alliance n’était certes pas connue pour maltraiter ses prisonniers, seulement Sykes ne pouvait s’empêcher de penser que des capacités et de ressources comme les siennes se trouveraient gâchées derrière un champ de force en guise de porte pour les prochaines années.

Car oui, en dépit de son petit jeu provocateur et des capacités martiales quelque peu déficientes de son taxi, le Lieutenant-Commandant en était venu à estimer l’être tricentenaire. De par ses capacités en matière de furtivité, son aplomb et son savoir-faire technologique, l’Asari valait le détour. En arriverait-il à la vendre aux siennes ? Allez savoir… Pour l’instant, elle lui avait été utile, et c’est tout ce qui importait.

Réfléchissant à la question alors qu’il s’avançait dans le cockpit à la suite de son équipière d’infortune, le N7 fut tiré de ses pensées par le bip des instruments de navigation et la manœuvre brutale de montée entamée par la pilote. Si la chose eut le loisir de réveiller l’humain, cela n’eut pas l’effet escompté sur les ardeurs qu’il pouvait avoir à l’encontre de T’Surek. Alec se reconditionna cependant derrière ce masque de professionnalisme qui faisait en temps normal le succès de ses missions, prenant dès lors place sur le siège du copilote avec en tête l’idée de riposter.

- « Si vous voulez vous envoyer en l’air, il existe des façons bien plus agréables... Voyons ce qu’il est néanmoins possible de faire… Trois contacts, des chasseurs vortchas à en juger l’écho… Ces trucs-là peuvent vous coller avec plus d’insistance qu’une armée de morpions. Enfin… pas que vous compreniez ce à quoi je fais référence, mais bon… » fit-il l’air de rien, comme énonçant de futiles pensées à voix haute.

Sans attendre le feu vert de Madame, il prit sur lui de se charger de la navigation et de la riposte en s’attaquant aux systèmes concernés. Et là, il fallait bien le dire, pour un engin de cette classe, l’Arion disposait de technologies digne de ce nom. Il était inhabituel de disposer d’autant de moyens sur une simple navette, ce qui en disait long sur le genre de boulot abattu par sa propriétaire. Pas vraiment honnête, mais plutôt lucratif semblait-il…

- « Le combat tournoyant, c’est leur point faible… Faites quelques acrobaties et ces insectes auront du mal à vous suivre. » lança-t-il tout à fait calme, alors qu’il amorçait une série de salves de la mitrailleuse lourde à induction Torhix.

Suivant ses conseils, l’Asari engagea l’engin dans une série de tonneaux ascendants à vitesse maximale, ce qui eut au moins l’avantage de compliquer l’effort de visée des vortchas. Laquais de la pègre de Korlus, ces êtres insignifiants à l’espérance de vie toute aussi faible ne représentaient fort heureusement pas une menace sérieuse au vue de leurs talents de pilote. En effet, il ne fallut pas longtemps pour voir l’un des chasseurs partir en fumée sous les tirs de la tourelle dorsale, endommageant grièvement un second appareil dans sa chute.

Ce dernier finit par disparaitre, rompant le combat, en même temps que le panache suivant la carcasse du premier, rendue à la gravité du corps céleste. Il en aurait fallu de peu pour que les tirs du dernier, peut-être enragé par la perte de l’un des siens, ne touche la navette si une manœuvre audacieuse d’esquive et le réacteur SLM lancé dans la foulée n’avait pas séparé les deux engins de milliers de kilomètres en une seule seconde…

- « Le voyage devrait prendre de longues heures à en juger les capacités de votre appareil. Je vais vous laisser un peu d’intimité ici et passer le temps à l’arrière. En priant pour que l’idée de m’éjecter par le sas ne vous titille pas trop, bien évidemment… » dit-il en se levant de son siège, donnant au tout une étrange conclusion à la scène intense qu’ils venaient de vivre.

Un long voyage à faire en compagnie d’un humain qui se jouait d’elle et prenait du plaisir à la voir réagir comme elle le faisait… Quoi de mieux pour fêter une prime en partie perdue et un vaisseau dont le signalement serait sans doute donné à toutes les familles véreuses de Korlus ? En y repensant, la pauvre Kalia avait de nombreuses raisons de penser au cas de figure évoqué par son passager…
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MessageSujet: Re: Une nuit au cimetière... [Terminé]   Une nuit au cimetière... [Terminé] Icon_minitimeVen 22 Avr 2016, 14:41

Cet humain ne m’apportait que des emmerdes… … en plus de me déconcentrer.

J’avais volontairement ignoré ses propos lorsqu’il avait rejoint le cockpit. Je crois que cela m’arrangeait bien plus ainsi… Mais si je n’y avais pas répondu sur le moment, je n’avais pu que constater qu’ils avaient fait leur chemin dans un coin de mon esprit. Quelque part, les chasseurs ennemis avaient finalement été une distraction bienvenue, justifiant du mutisme et du sérieux dans lesquels je m’étais momentanément murée.

Mais quand bien même le combat auquel nous ne pouvions pas échapper m’avait-il permise de focaliser mon attention sur quelque chose d’autre, les commentaires et actions de celui devenu momentanément mon co-pilote vinrent à nouveau renforcer mon agacement… D’une part, par ses conseils dont je n’avais pas besoin. Je savais parfaitement ce dont les chasseurs vortchas étaient capables, et ce qui leur faisait défaut… Croyait-il vraiment que je n’avais pas la moindre expérience de ce type d’ennemi malgré mes trois siècles d’existence ? Mais ce qui m’énerva le plus fut de constater la facilité avec laquelle Sykes s’adapta à la technologie de mon appareil pour descendre nos poursuivants, avec, je dois dire, une adresse étonnante…

Lui reconnaître la moindre qualité me coûtait… Le lui avouer, sûrement encore plus...

Je ressentis quelque chose de surprenant et de contradictoire dès la seconde même où nous fûmes sortis d’affaire. L’intensité du combat partagé avec lui m’avait un court instant donné envie de le complimenter sur son talent de tireur, parce que je devais bien admettre qu’il m’aurait été moins évident de me dégager d’une telle situation seule… Mais à ce commentaire que je me fis, mon esprit me rappela que je ne me serais jamais retrouvée dans un tel merdier si l’humain ne l’avait pas initialement provoqué…

Rien ne franchit donc mes lèvres bleues, et je me contentai de fixer les étoiles défilant à vive allure devant moi.

Le spectacle était magnifique. J’ai beau parcourir les astres depuis tant d’années, je ne me lasse jamais de la vue somptueuse qu’offre l’espace. Sa grandeur me fait me sentir libre, son silence m’apaise, et ses couleurs m’envoûtent. Mais avec un passager indésirable à bord, il m’était difficile de lâcher prise et d’apprécier pleinement la scène… Car je n’avais pas l’intention d’en rester là. Quand bien même ma sagesse me disait que l’humain se lasserait si je ne réagissais plus. Il n’attendait que ça pour contre-attaquer une énième fois, c’était évident. Mais pour autant, je n’avais aucune envie de me laisser faire… Il aurait eu un sentiment de satisfaction beaucoup trop important, et sa prétention déjà bien trop débordante n’en aurait été que d’autant plus renforcée…

Alors je me mis à chercher un moyen de calmer habilement ses ardeurs… Mais je n’avais pas prévu qu’il se retire à l’arrière pour me laisser enfin un peu de tranquillité. Inconsciemment, un sourire amusé s’était dessiné aux coins de ma bouche à sa dernière phrase, et je me mis à commenter à mon tour...

- « Vous n’avez pas idée de combien cela m’est tentant… Vous qui ne cessez d’employer l’expression s’envoyer en l’air, vous pourriez la vivre littéralement… »

Un sérieux silence vint ponctuer ma phrase, comme pour lui faire comprendre que c’était une option envisageable, et puis je rajoutai, sans trop même saisir pourquoi…

- « Mais je dois reconnaître que vous venez d’avoir une certaine utilité, bien que je n’aurais pas eu à avoir besoin de celle ci si vous ne vous étiez pas pointé chez Razek en premier lieu… Et puis j’ai cru comprendre que vous vouliez vous racheter… Néanmoins, les langoustines et autres crustacés de vos planètes humaines ne m’ont jamais inspiré confiance. Je leur ai toujours trouvé un air de moissonneur miniature, et je n’aime pas les choses qui me les rappellent… »

Venais-je d’accepter son invitation ?! Par la Déesse… Que m’avait-il pris de lui répondre ça... Peut être devais-je seulement y voir là un plan perfide de mon esprit d’agent pour obtenir à terme des renseignements et faire de l’humain un informateur… Il se servait bien de moi après tout, alors pourquoi ne pas me servir de lui en retour ? Quelque chose me disait qu’avec cet humain, c’était une très mauvaise idée… Mais pourtant, je ne revins pas sur mes mots.

- « Prenez la banquette à droite en sortant. Et ne vous avisez pas de toucher à nouveau à mes affaires, parce que ce ne sera pas sur Anhur que vous vous ferez débarquer sinon… »

Mettant là un terme à la conversation, je reportai mon regard distrait sur l’espace, laissant le militaire s’éloigner pour passer le temps à l’arrière. Je jetterai de temps à autre un oeil sur les écrans, pour parcourir à nouveau les informations détenues sur cette planète, puis m’assurerai à plusieurs reprises que mon passager s’en tiendrait cette fois-ci à mes consignes. Si j’avais pu faire des recherches sur l’humain, je ne me serais pas gênée… Mais la transmission à signaux laser de l’Arion ne me permettait pas de consulter le Réseau dans le sub-espace, et ce type d’informations demandait d’aller fouiner dans des systèmes sensibles, ce qui nécessitait certaines précautions parce que je n’avais envie qu’Orion me questionne sur le sujet… Il me faudrait voir ça une fois à terre, en espérant détenir la véritable identité de l’N7 se reposant là derrière…

Le sommeil aurait finalement raison de moi quand bien même j’avais lutté contre par crainte que Sykes me fasse un coup tordu... Après plusieurs heures d’un vol silencieux, j’aurais fini par m’endormir dans le cockpit, devant la vue psychédélique du couloir subspatial, et mon sommeil serait si profond de par mes précédentes nuits d’observation et celle intense à laquelle j’avais été confrontée, que je ne me réveillerais pas de moi même à l’alerte sonore de notre imminente arrivée.







Dernière édition par Kalia T'Surek le Mer 27 Avr 2016, 21:01, édité 1 fois
Alec Sykes

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MessageSujet: Re: Une nuit au cimetière... [Terminé]   Une nuit au cimetière... [Terminé] Icon_minitimeMer 27 Avr 2016, 00:27


« Deal ! » C’est à peu près le mot qui résumerait le mieux l’état d’esprit d’Alec lorsque sa comparse d’infortune accepta implicitement son invitation. Si la chose pouvait paraître absurde et bien impossible à réaliser compte tenu de leurs divergences d’intérêts, une partie déraisonnable de l’humain espérait voir la chose se concrétiser un jour. Sans surprise, et conformément à son attitude « quelque peu » provocatrice, les traits de l’humain trahirent sa façon de penser d’un insolent sourire à l’égard de l’espionne. Sans doute enchanté à l’idée de « pouvoir un peu servir à l’Asari », il ne laissa rien paraitre de plus de ses pensées, préférant se retirer le temps que durerait le voyage. Il faut dire que le militaire avait tout de même bien profité de l’hospitalité de la malheureuse jusque-là et n’avait pas encore été éjecté… un exploit en soit. Cela dit, le N7 avait renoncé à cribler la malheureuse de son arme de poing lors de leur rencontre, ce que l’on pouvait assimiler à un échange de bons procédés après tout. Hein, pourquoi pas ?

Quoiqu’il en soit, l’humain se fit plutôt discret pendant le trajet, replié qu’il était à l’extrémité de l’appareil, là où tous les deux avaient précédemment embarqué. Dans ce qui servait de soute et de garage à la propriétaire, Alec s’efforçait de tuer le temps en s’occupant l’esprit avec le peu de moyens à sa disposition. Si l’éventualité de fouiller les quelques containers présents là et par la même occasion en apprendre plus sur la maîtresse des lieux s’avéra tentante, celle de simplement se poser quelques heures et réfléchir un peu aux récents évènements fut privilégiée.

Assis mollement sur une caisse, calé dans son armure intégrale, le soldat s’adonna à un passe-temps aussi banal pour quelqu’un comme lui que rebutant pour un nom initié : la vérification intégrale de son équipement. Le trajet s’écoula ainsi à un rythme soutenu et dans une quiétude étonnante pour deux inconnus évoluant au côté de l’autre avec des motivations aussi opposées. Cartouches thermiques, armement, état de l’armure et des communications, omni-tech… Tous ces éléments de la to-do list de Sykes furent inspectés avec une précision quasi religieuse, le regard et les gestes experts aidant à la tâche.

A dire vrai, au-delà de ce besoin de calme que lui procurait la chose, l’officier ne s’adonnait pas totalement à son petit manège par simple plaisir, bien au contraire. Quelque chose en lui continuait de penser que tous ces éléments pourraient encore lui être utiles. Rien ne lui disait qu’une fois arrivés à destination son chauffeur ne se déciderait pas à retourner sa veste, et ne se décide à empocher une coquette somme auprès de quelques Butariens rancuniers en leur « vendant » un soldat de l’Alliance. Car si Anhur était souvent citée comme une preuve d’espoir pour l’entente Hunamo-Butarienne, la réalité se trouvait plus nuancée. Rancune et rivalité ne cessaient de miner les relations entre les deux espèces, ce que certains individus sans scrupules se plaisaient à exploiter.

Hélas pour lui, le bonus qu’avait fait perdre Alec à sa comparse la motiverait peut-être à exploiter le filon… Une éventualité qu’il lui était donc difficile d’ignorer, et pour laquelle il préférait être préparé.

Lorsqu’un peu plus tard il fit de nouveau irruption dans le cockpit après avoir ressenti la décélération de SLM, ce qu’il y trouva ne correspondait guère à ses attentes… Là où il s’attendait à trouver une Asari prête à partir en guerre – contre lui -, il ne tomba que sur sa pilote endormie. Si la vision était inédite, et quelque peu plaisante il faut bien l’avouer, Sykes ne se laissa pas émouvoir pour autant, pressé qu’il était de retrouver les siens et de peut-être tirer pour de bon les choses au clair avec T’Surek.

C’est bien pour cette raison qu’il posa avec prudence une main sur l’épaule de la belle, incertain de sa réaction face à ce contact. Jusqu’ici, leurs rapports conflictuels avaient été relativement « cordiaux », seulement les choses risqueraient de prendre une autre tournure sous peu. Voilà pourquoi Kalia, en ouvrant les yeux, pourrait admirer un homme en armes, littéralement. Occupé à admirer le corps planétaire qui remplissait une grande partie de la baie vitrée, il décida de jouer franc-jeu.

- « Anhur… La planète qui redonne l’espoir de voir un jour une vraie collaboration entre Humains et Butariens. Tu parles… une belle vitrine, oui. Les paysages sont peut-être intéressants, mais l’économie stagne et les vieilles querelles sont toujours là. Le dernier conflit n’aide pas vraiment, et nombreux sont ceux qui aimeraient mettre la main sur un élément de l’Alliance. En particulier un morceau de choix comme moi… Ici, je vaux de l’or au marché noir. Un N7 comme esclave ou trophée ? Les acheteurs se bousculeraient. Même si l’éventualité d’une prime serait tentante, j’espère viser juste en conjecturant que votre répugnance pour ce genre de pratiques est au moins aussi importante que la mienne. Sans quoi je vous aurais mal jugé… » fit-il d’un ton quelque peu distant et sonnant faux par rapport à tout ce qui avait précédé jusqu’à présent.

La main droite du soldat s’égara pourtant sur le holster de son arme de poing, signe que l’ambiance devenait de glace. Dans un même geste, il sélectionna une série de coordonnées sur l’écran holographique, qu’il mit en évidence pour son interlocutrice.

- « Le meilleur endroit pour atterrir se trouve ici, dans l’hémisphère sud. Un petit spatioport plutôt discret, le genre où il n’est pas nécessaire d’enregistrer allers et venues et où les questions sont rares. Vous pourrez aussi y trouver l’occasion de réparer avant de repartir… On dirait que les chasseurs vous ont causé quelques dégâts. C’est également ici que nos chemins se sépareront, si vous n’y voyez pas d’inconvénients bien sûr… »

Un regard interrogatif se posa cette fois sur l’Asari, qui venait visiblement de se voir offrir un sursis. De sa réponse dépendrait la tournure que prendraient les évènements dans les prochaines secondes et des termes dans lesquelles ils se quitteraient…
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MessageSujet: Re: Une nuit au cimetière... [Terminé]   Une nuit au cimetière... [Terminé] Icon_minitimeVen 29 Avr 2016, 00:40
Une sensation de chute interminable. Une douleur aux tympans à m’en rendre sourde. Une impuissance totale face à la scène qui se déroulait devant moi. Les commandes ne répondaient plus, et quand bien même, je ne maîtrisais pas ce corps qui était bien le mien mais à travers les yeux duquel je n’étais que spectatrice. Le décor tourbillonnait terriblement au-delà de la vitre, et les alarmes de mon vaisseau ne cessaient d’hurler la détresse de celui-ci. Un tir ennemi l’avait frappé de plein fouet, et je ne pus rien faire d’autre qu’attendre la fin. Je crus mourir en voyant le sol se rapprocher à une vitesse infernale. Le réflexe de la peur me fit fermer les yeux à l’impact.

L’instant suivant, le décor changeait. Il fut bien plus horrible. Des colonnes de fumées assombrissaient le ciel devenu noir. Jusqu’à l’horizon, entre les plus grands gratte-ciel réduits en ruines, ces silhouettes obscures et terrifiantes dont le cruel rayon rouge perçait l’air dans son bruit si singulier, pour emporter avec lui nombre d’âmes innocentes. Et puis, je me retrouvai soudainement dans une ruelle. Sous mes pas, les corps entassés et inanimés des miennes. Certaines d’elles avaient encore les yeux ouverts. Dans leur regard vitreux, on pouvait lire l’épouvante de ce qu’avait été leur dernière vision. Plus je progressais, et plus l’odeur du chaos consumait mon coeur. Au bout de cette désolante allée, je découvris mères et petits paralysés par l’effroi. Dans d'intenables sanglots, l’une d’elle me pria de retrouver sa fille disparue. Toujours prisonnière de ce corps qui était le mien mais que je ne contrôlais pas, je me vis tous les mettre à l’abri pour ensuite explorer les environs à la recherche de l’enfant. Seulement à mon retour, et avec celle-ci dans mes bras, je retrouvai les lieux encerclés par un ennemi en surnombre…

L’environnement se dissipa à nouveau, pour se transformer en quelque chose de flou. Je n’aurais su dire où j’étais, mais il y avait des cris. Ainsi qu’un son redondant qui m’était familier mais que je ne parvenais guère à identifier. Un bruit qui n’avaient rien à voir avec ces scènes que je venais de revivre en cauchemars. Ce fut finalement le contact soudain que je ressentis à mon épaule, qui me fit ouvrir les yeux et comprendre que cette alarme n’était nulle autre que celle de mes instruments de navigation.

Pour seul décor devant moi, à travers la vitre de mon vaisseau, la vue d’une décélération sub-spatiale s’ouvrant sur une planète aux couleurs tropicales . Encore sonnée par la violence et le réalisme de mon rêve, je tournai la tête sur ma droite pour constater que mon esprit temporairement confus n’avait pas imaginé les évènements de mon passage sur Korlus. L’humain était bien présent. Et armé.

Peut-être parce que la menace qu’il représentait n’avait aucune commune mesure avec celle dont il venait de me tirer, j’eus une attitude complètement détachée, marmonnant un simple « Mmm...» en guise de réponse positive à ses interrogations. Accordant mon geste à mes “paroles”, je sélectionnai les coordonnées qu’il venait de m’indiquer, et mis le cap en direction de l’hémisphère sud. Je fus encore plus admirative par la beauté des paysages que lorsque je les avais vus sur mon terminal. Mais la description que Sykes m’avait faite d’Anhur venait toutefois assombrir mon idée d’elle, et me faire penser que bien trop de mondes Eden ne l’étaient hélas qu’en apparence…

Je n’eus nulle difficulté à trouver le spatioport quand bien même celui-ci était petit et isolé. Bordé par un décor digne de brochures touristiques, les bâtiments d’un blanc nacré qui le composaient se fondaient dans la roche des falaises surplombant une eau turquoise. Celle-ci était si claire, qu’en approchant à basse altitude, on pouvait par endroits distinguer les ombres de quelques mammifères marins.

À distance suffisante, je nous branchai sur la fréquence d’adressage aux vaisseaux pour connaître les capacités actuelles d’accueil et les taxes de stationnement et de maintenance. J’adressai ensuite un message d’intention d'atterrissage au contrôle local, et on me communiquait en retour un numéro d’emplacement libre sur laquelle me poser. Celui-ci se trouvait sur une petite plateforme sur pilotis, dominant le lagon. C’est donc face à cette vue agréable que je nous fis atterrir, et cela fait, je programmai les systèmes de sécurité de l’Arion en cas de problème ou d’intrusion durant mon absence.

Me levant de mon siège, je rejoignis mon passager pour le retrouver dans la soute, prêt à débarquer, et sûrement toujours aussi prêt à me descendre…

- « Tenez » fis-je en lui lançant une vieille toge sombre. « J’ai vécu bien trop d’années sur un monde éden de ce genre pour savoir ce que vous risquez si vous vous faites prendre. Et on ne peut pas dire que votre écusson N7 passe inaperçu sur votre armure reluisante… »

Mes yeux bleus descendirent vers son signe d’appartenance à l’élite de l'Alliance, avant de se redresser pour plonger un regard énigmatique dans les yeux verts du militaire.

- « ... Et je ne tiens pas particulièrement à ce que vous vous fassiez trouer dans l’immédiat, parce que j’ai bien l’intention de vous faire payer un jour le préjudice que vous m’avez causé...» ajoutai-je d’un même ton indéchiffrable.

Etait-je entrain de jouer avec le feu ? Probablement.

Le laissant revêtir l’ample vêtement à capuche, je m’habillais quant à moi d’une veste et d’un holster en cuir noir, avant de me rendre devant mon armurerie dissimulée. Passé le scanner rétinien, j’en sortis mon Carnifex que je rangeais soigneusement à ma cuisse, puis refermai le tout pour me retourner vers Sykes. Je laissai un léger blanc s’installer, pour sûrement jauger son attitude et le degré de méfiance qu’il aurait alors envers moi, puis activai finalement la rampe arrière qui s’ouvrit dans un bruit de dépressurisation.





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MessageSujet: Re: Une nuit au cimetière... [Terminé]   Une nuit au cimetière... [Terminé] Icon_minitimeSam 30 Avr 2016, 23:45


Drôle de réaction que celle de Kalia face à un homme armé, ne respectant pas ses règles instaurées quelques heures plus tôt et exaspérant dans l’attitude qu’il adoptait avec elle ! Son manque de réactivité ne manqua pas d’étonner l’humain lorsqu’il la vit agir de la sorte, elle qu’il pensait voir s’activer comme une pile électrique à la seule possibilité de se faire doubler par son passager. Sans doute avait-elle quelque chose de préoccupant en tête, et à en juger son expression, cela n’avait rien de plaisant…

Toujours sur ses gardes en dépit de l’apparent détachement dont sa comparse faisait étalage, le militaire se détendit grandement lorsqu’un semblant d’émerveillement de dessina sur les traits de l’Asari. La voir se délecter du cadre de carte postal qui se dessinait devant eux avait quelque chose d’apaisant, voire même d’amusant. Preuve s’il en est, Alec s’étonna d’éloigner sa main jusque-là crispée sur son Phalanx, profitant lui-même du paysage de précieuses secondes.

Hélas, comme il l’avait lui-même souligné et comme l’espionne l’évoqua quelques instants plus tard, ce monde n’avait d’Eden que le nom. Entre les différents trafics et individus de la pire espèce y résidant, les dirigeants butariens, et humains, corrompus et la haine générale contre tout ce qui pouvait représenter « l’ordre établi », son passage en ces lieux ne serait qu’éclair. A dire vrai, alors que « sa pilote » amorçait la phase de descente sur la plateforme qu’on venait de leur assigner, le N7 avait été en mesure de repérer visuellement la silhouette si caractéristique du transporteur Gorgonia, son ticket d’entrée pour Korlus et celui de la sortie pour cet enfer de la Nébuleuse de l’Aigle.

Sous peu, il retrouverait son équipe en un morceau, du moins l’espérait-il, avec le colis que tous avaient la charge de convoyer. Ainsi, si la mission ne se trouvait pas totalement remplie du fait « d’une fuite d’infos inexplicable », au moins avaient-ils sauvé le plus gros de l’affaire. C’est en réfléchissant à cela, perdu dans ses pensées, que Sykes en fut brutalement tiré par un morceau d’étoffe grossière lui sautant au visage. Plus par réflexe qu’autre chose, il l’attrapa au vol avant de l’examiner, pour ensuite se résoudre à s’affubler du costume dans un soupir navrant…

Celui qui appartenait à l’élite des forces armées humaines offrit d’ailleurs un bien piètre et comique spectacle à sa compagne d’infortune, se débattant dans tous les sens pour enfiler ce qui ressemblait à une toge de célèbres gardiens de la galaxie des vingt et vingt-et-unième siècles.

- « Joli… Ce truc me rappelle une vieille franchise de films terriens. Doivent bien en être au cinquantième opus je crois. Enfin, ils ont perdu leur intérêt dès les premiers… Foutue souris… » lâcha dit-il d’un ton amusé avant de passer par un registre navré en agitant dans le vent les manches trop grandes.

Bien qu’au courant de la certaine ignorance de son interlocutrice vis-à-vis du sujet, il se permit même, à son plus grand étonnement, une référence cinématographique des plus… pitoyable.

- « Puissante en toi est la Force jeune Padawan ! » dit-il d'une voix chevrotante en pointant du doigt « la bleue ».

Que lui arrivait-il donc ? Lui d’habitude si sûr de lui et sérieux se plaisait à faire le gosse au milieu d’une mission… Relâchement en vue, pas bon Alec, gare à toi ! En attendant, devant le caractère peu réceptif de T’Surek face à cette ultime frasque, le Lieutenant-Commandant se contenta d’afficher un sourire gêné, de murmurer un « Pfff ! Ne connais même pas ses classiques ! » avant d’ouvrir la marche vers l’extérieur de l’appareil.

Capuchon sur la tête, casque sous le bras dissimulé par l’ample vêtement, l’humain jeta de soupçonneux regards aux quatre coins alentours avant de se tourner une ultime fois vers sa bienfaitrice. L’heure des adieux – et des réponses – approchait à grands pas. Chacun se devait de respecter un timing précis, ce qui n’autorisait pas vraiment de « profiter de la compagnie de l’autre ». Aussi le charmeur s’employa-t-il à écourter la scène au mieux, quitte à passer pour un gros goujat.

Se tournant vers la belle une ultime fois, il plongea dans l’azur du regard de l’Asari de longues secondes avant de lui donner une pseudo explication sur la raison de ses actes, pourtant bien irrationnels de son propre avis.

- « Je vous laisse ces infos, mais c’est bien parce qu'inexplicablement j’ai la certitude qu’elles arriveront plus vite à l’Alliance par votre biais que celles des mains de nos analystes. J’espère ne pas faire une erreur en plaçant ma confiance dans une inconnue. Quant à cette histoire de dette : du peu que j’ai pu voir, je ne doute pas que vous saurez parvenir à vos fins dans ce but… Et puis il existe toujours un accord tacite entre nous. » lança-t-il d’un regard appuyé, faisant évidemment référence à un certain diner.

L’idée de se recroiser un jour paraissait toujours aussi farfelue, seulement Alec ne manquerait pas de se renseigner sur cette intrigante personne. Rarement on lui avait tenu tête de la sorte sans que des coups de feu ne viennent mettre un terme de façon brutale aux négociations… Après tout, l’évènement était assez inédit en soit pour être souligné et marquant, non ?

Ce qui le fut tout autant, si ce n’est plus, c’est néanmoins l’ultime caprice que se permit de réaliser l’humain à l’encontre de Kalia. A mesure qu’il parlait, le regard alerte du commando s’attarda en effet sur un visage familier qui passait non loin, par-dessus l’épaule de Madame. Ni une ni deux, tandis que l’individu s’approchait un peu trop vite, il récidiva en faisant siennes les lèvres de l’espionne dans un baiser qui se voulut aussi soudain que passionné… A fond dans son rôle, peut-être un peu trop, Sykes ne rompit ce délicieux contact qu’après de trop courtes secondes, le temps pour son invité encombrant de s’éloigner sans prêter attention au joli couple qu’ils formaient.

Bien servi par la surprise, et sans doute le plaisir qu’elle prit elle aussi à la chose, le soldat ne se vit opposer aucune résistance, si ce n’est une grimace outrée lorsque leurs visages s’éloignèrent à nouveau…

- « Celui-là, derrière le Krogan. Un chasseur de primes auquel j’ai déjà eu affaire. Qu’il me reconnaisse ici n’aurait pas été bon… pour aucun de nous. » fit-il en désignant l’individu qui venait de les dépasser, un butarien au mauvais genre et surarmé. « Et puis je n’allais pas laisser passer une occasion de récidiver. A bientôt belle inconnue… » lui murmura-t-il comme une promesse à l’oreille.

Le temps que son regard se porte à nouveau sur « son N7 », celui-ci aurait disparu. Fin utilisateur du camouflage optique, il s’en servirait pour fausser compagnie à la malheureuse et rejoindre son propre appareil et les siens. Et ça, sans qu’aucun ne sache qu’ils seraient amenés à se recroiser dans quelques années. Alec Darell Sykes avait eu le dernier mot sur ce coup, et c'est bien tout ce qui importait après tout...
Kalia T'Surek

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MessageSujet: Re: Une nuit au cimetière... [Terminé]   Une nuit au cimetière... [Terminé] Icon_minitimeMar 03 Mai 2016, 00:27
C’est un spectacle très curieux qui se déroula sous mon regard déconcerté. Je restai immobile devant l’N7 gesticulant, l’observant d’un air à la fois interloqué et placide. Définitivement, il me restait encore maintes choses à apprendre de l’espèce humaine, qui se montrait parfois bien plus mystérieuses et incompréhensibles que les ruines prothéennes…

Je notai pour ma culture personnelle de chercher à l’occasion à quoi pouvait bien se référer le titre de “Pas d’avoine”, si tel était l’orthographe de cette expression. J’espérai qu’il n’y avait en elle aucune offense, même si le ton employé par Sykes m’avait semblé indiquer le contraire. Je me rappelai également, de mener mon enquête sur cette fameuse Cendrillon ainsi que ce moyen de transport nommé “Citrouille”, car dans ma mémoire, rien n’y faisait écho.

Mais là étaient des choses bien futiles à faire. Pour l’heure, ma priorité se trouvait dans les réparations de l’Arion, et à cette pensée, j’en voulu à nouveau à celui que j’avais sauvé… Quelle idée avais-je eue… C’est en me faisant cette réflexion qu’une partie de mon esprit se mit à reconsidérer ce que le concerné m’avait dit tout juste avant l'atterrissage. Il est vrai qu’il devait valoir un certain montant dans le coin et ailleurs. Je connaissais même un contact qui m’aurait rémunérée le triple de ce que les locaux d’ici auraient pu offrir… Mais je m’étais toujours promis de ne jamais donner dans ce genre de trafic, ou en tout cas, pas lorsque l’individu servait des intérêts honorables...

Et puis je devais bien avouer que celui là avait quelque chose d’intrigant, bien que cela m’ennuyait profondément de l’admettre…

Descendant à ses côtés de la rampe du vaisseau, je balayai lieux et individus du regard avant de voir mon attention être reportée sur Sykes pour esquisser un discret sourire narquois à sa première phrase… Il est clair que les informations dérobées à Razek seraient bien plus vite dans les mains de l’Alliance avec moi que si leurs analystes avaient eu à décrypter toutes les sécurités que j’avais mises en place pour les protéger… Mes lèvres se renfrognèrent légèrement à la mention de l’accord tacite auquel il fit référence. Je me demandai là encore, ce qu’il m’avait prit d’accepter… Était-ce dans le seul but de faire de l’humain un indic, ou bien devais-je voir là une volonté de ma part à vouloir le connaître ? Je craignais cette idée, car elle implicitait le début d’un attachement, et l’attachement me rendait faible. Peut-être aussi, avais-je tout simplement dit cela en l’air pour le faire taire. Après tout, je ne croyais pas vraiment en une seconde rencontre…

Mais en définitive, je ne trouvai aucune réponse exacte à mon introspection du moment, le fil de mes pensées se voyant être totalement interrompu par une action que je ne fus là encore, pas en mesure d’anticiper...

Mes lèvres au sourire atténué devinrent brusquement prisonnières de celles du militaire, sans même que je n’eusse le temps de réagir. Sous la surprise, je restai immobile, lui laissant mener la danse de ce baiser à nouveau volé qu’il s’offrait. Je n’aurais pu dire s’il avait été plus long ou plus court que le premier. Je ne fus pas plus en état de comprendre l’effet précis qu’il me fit… Je sus seulement qu’en rouvrant mes yeux parce que ceux-ci s’étaient fermés tout comme la première fois, je me mis à fixer l’humain avec un regard écarquillé. Je crois d’ailleurs que ma bouche n’était pas parvenue à se refermer, comme si elle avait voulu dire quelque chose, sans toutefois parvenir à trouver les mots..…

Et puis je me retrouvai seule. Sykes s’était évaporé. Me plantant là, en bas de la rampe, après m’avoir donné une justification qui n’avait sûrement été qu’un prétexte pour réaliser une fois de plus ses fantasmes... Je n’eus aucun droit de réponse.

Il me fallut plusieurs secondes pour prendre pleinement conscience de la dernière scène qui venait d’avoir lieu. Durant ce laps de temps, je restai totalement figée sur place, sans ciller, avant de finalement reprendre vie, non sans rager intérieurement contre l’N7 déserteur et le conflit psychique intérieur dans lequel il venait de me mettre…

C’est donc après plusieurs insultes silencieuses envers ce foutu profiteur que je décidai finalement de passer à autre chose, m’élançant à grands pas vers les bâtiments du spatioport pour y régler les taxes diverses et marchander les réparations de mon appareil. Le crétin et primitif Butarien auquel je fus confrontée ne m’aida pas spécialement à apaiser mon irritation, mais eut-il au moins le mérite de focaliser mon esprit sur autre chose que la dernière action de Sykes… Je restai sur place plusieurs heures, le temps que les réparations soient faites, et pour m’occuper, je finis accoudée au bar du coin, m’aidant de l’alcool pour digérer les deniers évènements et les commentaires très fins des consommateurs locaux…

On vint finalement m’informer de la fin des travaux sur l’Arion, et après avoir réglé une note un peu trop salée à mon goût, je retournai à la plateforme d'atterrissage sans regretter l’idée de pouvoir être enfin seule dans mon vaisseau. Mais cette pensée fut bouleversée par une chose que là encore, je ne fus en mesure d’anticiper…

Tandis que j’activais la rampe d’embarquement et m’apprêtais à l’emprunter, un enfant m’interpella dans mon action, me regardant tout d’abord d’une manière craintive, avant de finalement me tendre ce qu’il cachait dans ses petits bras. Il s’agissait d’une créature miniature, dotée de deux grands yeux ronds et verts qui me fixaient avec une innocence comme il ne m’en était plus souvent donné de voir. Je ne connaissais pas cette espèce à la fourrure grise bien fournie, mais je la trouvai instantanément irrésistible, et ce fut sûrement pour cette raison, et devant le regard plein d’attentes du gamin, que je saisis cette chose.

Dans mes mains, elle émit un curieux petit cri qui ressemblait un peu à celui d’une espèce amicale de Chalkhos, et sans m’en rendre compte, je souris. Mon attention fut alors attirée par son collier, dans lequel se trouvait dissimulé un morceau de papier. Je le saisis, pour découvrir quelques phrases à l’intérieur. Ma lecture terminée, je portais mon regard sur l’enfant, puis sur le papier, puis sur la chose poilue dont les pupilles dilatées semblaient me supplier de les aimer…

Je vais me le faire…
grognai-je intérieurement tout en maudissant ce Sykes et en acceptant d’emmener avec moi cette boule de poils dont la gorge se mit à générer un étrange bourdonnement.

Offrant une poignée de crédits au gamin pour le remercier de m’avoir transmis le “message” et pour qu’il puisse se faire plaisir, j’emportai dans mes mains la créature miniature qui n’aurait cesse, par sa présence et ses grands yeux verts, de me rappeler l’humain chaque seconde… ...

J'étais à ce moment là loin de me douter que, moi qui fuyais l’attachement, je finirai avec le temps par prendre en profonde affection cette chose appelée chaton, jusqu’à en oublier ma rancune.





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